La politique d'asile en France est "au bord de l'embolie", selon la Cour des comptes

Avec un coût avoisinant les 2 milliards d'euros par an, la politique d'asile en France ne serait "pas soutenable à court terme", à en croire un rapport provisoire de la Cour des comptes, révélé lundi par "Le Figaro".

Des demandeurs d\'asile albanais sont évacués de leur campement à Lyon (Rhône), avant d\'être relogés, le 18 novembre 2013.
Des demandeurs d'asile albanais sont évacués de leur campement à Lyon (Rhône), avant d'être relogés, le 18 novembre 2013. (JEFF PACHOUD / AFP)

La politique d'asile en France ne serait "pas soutenable à court terme", à en croire un document de la Cour des comptes, révélé par Le Figaro (réservé aux abonnés), lundi 13 avril. Avec un coût avoisinant les 2 milliards d'euros par an, elle "est au bord de l'embolie", estiment les magistrats.

Des déboutés qui restent en France

Ce document confidentiel est un "relevé d'observations provisoires", "une sorte de rapport d'étape", précise le quotidien, alors que débute, mercredi, l'examen par la commission des lois du Sénat d'un projet de loi réformant le droit d'asile. Selon cette analyse, "la politique d'asile est devenue la principale source d'arrivée d'immigrants clandestins en France".

Le rapport pointe "une hausse de la demande d'asile jusqu'en 2013", avec "66 251 dossiers déposés" cette année-là, pour un coût par demandeur de 13 724 euros, ainsi que les dépenses pour les personnes déboutées, dont le montant "serait équivalent à celui consacré aux demandeurs d'asile". La Cour souligne également que, "malgré l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) qui leur est notifiée, seuls 1% des déboutés sont effectivement éloignés", la majorité "reste en situation irrégulière en France".

Des "recommandations provisoires"

Le document de la Cour des comptes émet des "recommandations provisoires". Il préconise notamment de "réduire le montant des allocations mensuelles versées aux demandeurs d'asile", de mettre en place un "guichet unique" de traitement des dossiers et d'"exécuter les obligations de quitter le territoire français pour les personnes déboutées".

Dans un autre rapport, publié en février, le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe avait exhorté la France à lutter contre la hausse des actes haineux et à mieux accueillir les demandeurs d'asile, notamment syriens.