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La garde des Sceaux a déclaré mardi qu'elle ne donnerait pas de consigne pour faire désigner un juge d'instruction

Interrogée lors des questions d'actualité à l'Assemblée sur le dossier Bettencourt dans lequel Eric Woerth est mis en cause, Michèle Alliot-Marie a déclaré qu'elle souhaitait laisser le choix du cadre procédural au procureur Philippe Courroye.Cette annonce fait suite à la recommandation du procureur général de la Cour de cassation Jean-Louis Nadal.
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La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie. (AFP - Johanna Leguerre)

Interrogée lors des questions d'actualité à l'Assemblée sur le dossier Bettencourt dans lequel Eric Woerth est mis en cause, Michèle Alliot-Marie a déclaré qu'elle souhaitait laisser le choix du cadre procédural au procureur Philippe Courroye.

Cette annonce fait suite à la recommandation du procureur général de la Cour de cassation Jean-Louis Nadal.

Lundi, le Haut magistrat a jugé nécessaire la nomination d'un juge d'instruction dans l'affaire Woerth-Bettencourt, par le procureur de Nanterre (Hauts-de-Seine) Philippe Courroye.

Courroye persiste, Alliot-Marie plaide la "neutralité"
Outre ses liens avec Nicolas Sarkozy et son statut qui le lie au pouvoir exécutif, Philippe Courroye mène seul la procédure à travers des enquêtes préliminaires. Lundi, il a fait savoir qu'il entendait continuer ainsi. Un choix qui ne sera pas contrarié par la Garde des Sceaux. "Je respecte, moi, l'indépendance de la justice et j'ai trop de considération pour les magistrats pour m'immiscer en quoi que ce soit dans les choses", a déclaré Michèle Alliot-Marie.

Soupçons à gauche
Le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault, a estimé mardi que le refus de désigner un juge d'instruction était inexplicable et cachait une volonté d'étouffer l'affaire. Plusieurs dirigeants socialistes sont allés dans le même sens. "Cette résistance du pouvoir en place (qui empêche) la liberté et l'indépendance de la justice est très choquante", a déclaré la présidente de Poitou-Charentes Ségolène Royal, sur Europe 1.

Même position du côté du Syndicat de la magistrature, classé à gauche qui rappelle de son côté que le procureur est légalement tenu d'informer le ministère de toute son enquête. "Ainsi est assurée la poursuite d'une enquête opaque, contrôlée par le pouvoir, sans juge indépendant, sans partie civile, sans avocats, sans droits de la défense et sans réels moyens d'investigation, dont seuls les plus hauts représentants du pouvoir exécutif connaissent les développements, au jour le jour", écrit le syndicat dans un communiqué.

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