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La France a indiqué vendredi qu'elle envisageait de demander la suspension provisoire des accords de Schengen

Le parti socialiste, par la voix de sa secrétaire nationale à l'immigration, Sandrine Mazetier, a jugé samedi "disproportionné" le souhait de la France de réformer Schengen. Le secrétaire général du Front national, Steeve Briois, a lui qualifié de "supercherie" la réflexion de l'Elysée
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Frontière entre la Bulgarie et la Turquie (11 février 2011) (AFP/DIMITAR DILKOFF)

Le parti socialiste, par la voix de sa secrétaire nationale à l'immigration, Sandrine Mazetier, a jugé samedi "disproportionné" le souhait de la France de réformer Schengen.

Le secrétaire général du Front national, Steeve Briois, a lui qualifié de "supercherie" la réflexion de l'Elysée

"Le gouvernement UMP ne sait désormais plus où donner de la tête, tant le ciel gronde et le sol craque sous ses pieds.", écrit-il dans un communiqué. Pour ce proche de la présidente du FN Marine Le Pen, "la seule solution viable face à cette submersion migratoire est une sortie de l'espace Shengen permettant de retrouver la maîtrise de nos frontières".

Vendredi, la présidence française s'est interrogée sur la possibilité d'une suspension provisoire de Schengen, estimant que la gouvernance de cet accord était "défaillante" face à l'afflux en Europe de migrants, venus de Tunisie et de Libye notamment via l'Italie.

Ce dossier de l'immigration est un des points les plus sensibles du sommet franco-italien qui se déroulera mardi prochain à Rome. Il sera aussi au centre de propositions que doit présenter le 4 mai la commissaire européenne en charge des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, en vue d'une réunion extraordinaire le 12 mai à Bruxelles des ministres européens de l'Intérieur.

Différend entre la France et l'Italie
La France est irritée par l'Italie qui a décidé d'octroyer des permis de séjour de six mois aux plus de 20.000 Tunisiens arrivés sur ses côtes depuis janvier, pour qu'ils puissent rejoindre "amis et parents" en France et ailleurs en Europe.

"Il y a une règle qui prévaut dans les accords de Schengen qui est que le premier pays d'entrée gère les populations migrantes", avait rappelé lundi à cet égard le ministre français de l'Intérieur Claude Guéant.

Il avait souligné que les ressortissants étrangers auxquels l'Italie donne des autorisations de séjour provisoire devaient montrer qu'ils disposent des ressources financières pour séjourner dans le pays de deuxième séjour et pour rentrer chez eux ensuite. En l'absence de ces ressources, "nous reconduisons ces personnes en Italie, qui est le pays de premier séjour", avait dit M. Guéant.

Dimanche dernier, Paris avait par ailleurs décidé de suspendre la circulation des trains depuis la ville italienne de Vintimille, estimant qu'un train avec à bord des manifestants voulant accompagner en France des immigrés tunisiens posait un risque de désordre public.

La suspension de l'accord de Schengen n'est pas prévue

Aux termes du code Schengen, seule une "menace grave pour l'ordre public ou la sécurité intérieure" peut "exceptionnellement" justifier la réintroduction du contrôle aux frontières, durant une période limitée d'une durée maximale de trente jours, éventuellement renouvelable tant que la menace subsiste.

Cette disposition a été déjà utilisée dans le passé.

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