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La contestation continue dans les lycées. Déjà 306 établissements sont perturbés depuis vendredi matin

Jeudi, 1.100 lycées ont été "mobilisés" dont "plus de 700 bloqués" selon l'Union nationale lycéenne (UNL), 340 "perturbés" seulement pour le ministère de l'Education. Vendredi matin, le ministère dénombrait déjà 306 établissements perturbés à des degrés divers sur 4 300 répartis à travers le pays
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France Télévisions
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Des lycéens en grève

Jeudi, 1.100 lycées ont été "mobilisés" dont "plus de 700 bloqués" selon l'Union nationale lycéenne (UNL), 340 "perturbés" seulement pour le ministère de l'Education. Vendredi matin, le ministère dénombrait déjà 306 établissements perturbés à des degrés divers sur 4 300 répartis à travers le pays

Après les manifestations de jeudi un peu partout en France, avec parfois des incidents et l'intervention des forces de l'ordre, l'UNL a appelé à une journée de vendredi consacrée aux assemblées générales avant une participation massive aux manifestations de samedi. La Fidl, deuxième organisation lycéenne, prévoit un rassemblement à Paris, à 11h devant l'Hôtel Matignon.

A Paris, manif près du Medef : "Et hop, Sarkozy, ta réforme elle va sauter"

Des lycéens parisiens, accompagnés d'étudiants, de professeurs et de cheminots, ont manifesté jeudi aux cris de :"et hop, Sarkozy, ta réforme elle va sauter", aux abords du siège du Medef à Paris. Ils voulaient se faire entendre contre la réforme gouvernementale des retraites et pour une politique en faveur de l'emploi des jeunes.

Les forces de l'ordre, CRS et gendarmes mobiles, ayant bloqué l'accès au siège du patronat situé avenue Bosquet à Paris VIIème, les manifestants se sont rassemblés à quelques dizaines de mètres, entonnant des slogans comme "Et hop, Sarkozy, ta réforme elle va sauter". Les lycéens venaient de plusieurs établissements parisiens perturbés, notamment Maurice-Ravel et Hélène-Boucher, comme indiqué sur des pancartes.

Un adolescent blessé par un tir de flashball "risque de perdre un oeil" selon Dominique Voynet
A Montreuil et Saint-Denis, des incidents se sont produits entre jeunes et policiers. La maire Verte de Montreuil, Dominique Voynet, "condamne" dans un communiqué "les violences policières contre les lycéens" dans sa ville où un jeune a été blessé par un tir de flash-ball. L'adolescent, hospitalisé, "risque de perdre un oeil", a dit le maire de Montreuil, Dominique Voynet.

Incidents dans plusieurs villes
Les forces de l'ordre sont intervenues aussi à Argenteuil, notamment devant le lycée Romain-Rolland, afin de disperser des groupes qualifiés d'"hostiles". A proximité de l'établissement, des abris bus, cabines téléphoniques et poubelles ont été dégradés ou incendiés.

Des scènes identiques ont eu lieu dans le Val-de-Marne où la police a procédé à une quinzaine d'interpellations pour jets de pierre ou dégradation. Champigny-sur-Marne et Créteil ont été particulièrement concernés par les manifestations. Selon la préfecture, une vingtaine d'établissement a été perturbés, jeudi matin, avec des rassemblements de 20 à 500 lycéens.

Une dizaine de jeunes manifestants ont été interpellés à Lens (Pas-de-Calais) après qu'une manifestation rassemblant près de 2.000 lycéens a dégénéré en heurts avec la police.

Environ 1.000 lycéens ont défilé à Nîmes où des voitures ont été brûlées et où cinq policiers ont été "caillassés et blessés", selon la préfecture.

Trois manifestants ont été interpellés jeudi à la suite d'incidents lors d'un rassemblement à Chambéry composé d'une majorité de lycéens. 200 à 300 personnes (chiffres préfecture) manifestaient quand des incidents ont éclaté. Les gendarmes ont tiré des grenades lacrymogènes.

L'UNL a dénoncé "les nombreux actes de répression policière" commis, selon elle, ce jeudi. "

Seine-Saint-Denis: 11 policiers blessés
11 policiers ont été blessés jeudi en Seine-Saint-Denis lors d'affrontements avec des jeunes manifestants contre la réforme des retraites, a indiqué la préfecture de police de Paris (PP).

Dans les trois départements de la petite couronne parisienne dont la PP a la charge (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), 45 personnes ont été interpellées pour leur participation à ces affrontements.

Manifestations à Brest, Nantes, Toulouse ...
Des milliers de lycéens, rejoints par des étudiants et parfois des salariés, ont manifesté jeudi matin dans les villes de l'Ouest, notamment à Brest, Nantes, le Havre ou encore Rennes, où le cortège était d'au moins 5 à 7.000 personnes selon une source policière.

Dans la région Centre, plus de 1.700 lycéens ont manifesté dans la matinée à Orléans, près d'un millier à Blois et entre 200 et 300 à Tours.

Plusieurs milliers de personnes, dont un gros contingent de lycéens, ont manifesté jeudi à Toulouse. Dans le même temps, plusieurs lycées de la quatrième ville de France et de son agglomération ont été bloqués et des milliers de jeunes n'ont pas suivi les cours.

Environ 1.500 lycéens, selon la police, ont défilé dans les rues de Montpellier et des manifestations ont eu lieu aussi à Lunel et Clermont-L'Hérault (Hérault), rassemblant respectivement 700 et 180 lycéens, selon la préfecture.

A Marseille, des manifestations de lycéens se sont également déroulées, par petits groupes de plusieurs dizaines d'élèves, à différents endroits de la ville.

La plupart des lycées de Nice, Antibes, Grasse, sont bloqués ou avec des barrages filtrants à l'entrée, a indiqué un porte-parole de l'Unef dans les Alpes-maritimes mais selon le rectorat, quatre lycées seulement sont "perturbés" dans le département (2 à Grasse, 1 à Nice, 1 à Cagnes-sur-mer). Dans le Var, selon le rectorat, deux lycées sont bloqués (Toulon et banlieue toulonnaise) et 6 perturbés (3 à Toulon, 2 à Hyères et 1 à Six-fours-les-plages).

A l'université Rennes II, l'assemblée générale des étudiants a levé jeudi le blocage de l'établissement breton. Souvent en pointe dans les mouvements étudiants, celui-ci avait été fermé pour la journée par le président, Marc Gontard, pour "raisons de sécurité", après la pose dans la nuit de barrières par des bloqueurs. La veille, environ un millier d'étudiants avaient voté, à une courte majorité, le blocage de l'université pour la journée de jeudi.

Chatel en appelle à la responsabilité de chacun, la Peep dénonce les blocages de lycées
Alors que l'exécutif s'inquiète d'une mobilisation massive des jeunes contre la réforme des retraites, le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, en a "appelé" sur RTL "à la responsabilité de chacun".

De son côté, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a appelé jeudi les parents des jeunes manifestants à prendre "leur responsabilité".

Enfin, la Peep, deuxième fédération de parents d'élèves, et le Mouvement des étudiants (Mét) ont dénoncé jeudi, dans des communiqués séparés, les blocages de lycées et d'universités organisés par des jeunes mobilisés contre la réforme gouvernementale des retraites.

"Il est totalement irresponsable de la part d'organisations syndicales, politiques et de parents d'élèves, d'envoyer dans la rue des jeunes mineurs et de cautionner les blocus des lycées", a écrit la fédération des Parents d'élèves de l'enseignement public (Peep ). Et la Peep d'appeller "la majorité des parents dite 'majorité silencieuse' à s'exprimer vendredi et samedi lors des élections de leurs représentants de parents d'élèves".

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