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L'ex-chef des RG, Yves Bertrand, a déclaré vendredi qu'il avait "peut-être" informé les autorités de tutelle en 2001

Il affirmé avoir "peut-être" fait état de rumeurs d'actes pédophiles par un ministre auprès des "autorités de tutelle", citant le ministre de l'Intérieur d'alors, Daniel Vaillant, et Lionel Jospin.L'ancien ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant a affirmé quant à lui ne jamais avoir été informé de faits de pédophilie en haut lieu.
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L'ex-patron des RG Yves Bertrand arrive à la brigade de protection des mineurs pour être entendu (10 juin 2011) (AFP / Martin Bureau)

Il affirmé avoir "peut-être" fait état de rumeurs d'actes pédophiles par un ministre auprès des "autorités de tutelle", citant le ministre de l'Intérieur d'alors, Daniel Vaillant, et Lionel Jospin.

L'ancien ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant a affirmé quant à lui ne jamais avoir été informé de faits de pédophilie en haut lieu.

"Daniel Vaillant, maire du 18e, député de Paris, ancien ministre de l'Intérieur, n'a jamais été tenu informé, à aucun moment, et de quelque manière que ce soit, par le directeur central des Renseignements généraux des faits que celui-ci rapporte aujourd'hui à l'AFP", a-t-il déclaré vendredi dans un communiqué.

"M. Jospin est solidaire de la réaction de Daniel Vaillant et s'y associe", a indiqué à l'AFP une proche de l'ancien Premier ministre, précisant que ce dernier n'entendait pas réagir davantage à ce stade.

L'ex-chef des Renseignements généraux a fait sa déclaration après avoir été entendu vendredi après-midi dans le cadre de l'enquête sur les accusations de Luc Ferry.

Yves Bertrand a passé une heure et demie dans les locaux de la brigade de protection des mineurs de la police judiciaire de Paris.

Il était entendu parce que Luc Ferry, auditionné comme témoin par la même brigade le 3 juin après ses propos accusant un "ancien ministre" de pédophilie sans le nommer, avait évoqué son nom.

"Ecoutez, moi j'étais aux Renseignements généraux, je n'étais pas à la police judiciaire. Donc une rumeur, j'en fait état aux autorités de tutelle, c'était (Daniel) Vaillant et (Lionel) Jospin, c'était 2001, sous la cohabitation", a déclaré Yves Bertrand à sa sortie.

A la question de savoir pourquoi il avait été décidé de ne plus enquêter plus avant, Yves Bertrand a rétorqué: "Je n'en sais rien, il faut leur demander à eux. Ils ont fait ce qu'ils ont voulu. Ce n'était pas mon rôle. Moi, j'ai fait mon devoir de rendre compte de la rumeur".

Avant son audition, l'ex-patron des Renseignements généraux (1992-2004) avait déclaré à l'AFPTV qu'il ne donnerait aucun nom aux policiers, évoquant des "rumeurs".

L'enquête de la brigade de protection des mineurs a été déclenchée par des propos de Luc Ferry. L'ex-ministre de l'Education de Jean-Pierre Raffarin a expliqué le 30 mai sur Canal Plus qu'un "ancien ministre" s'était "fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons, assurant tenir cela des "plus hautes autorités de l'Etat, notamment un Premier ministre. Il avait précisé ensuite que les faits étaient "bien antérieurs à 2002".

Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris. Une enquête a également été ouverte au Maroc.

Yves Bertrand parle de "rumeurs"
Avant son audition, Yves Bertrand a estimé que celle-ci était "tout à fait normale et légitime, dans la mesure où Luc Ferry m'a cité en disant que sa source c'était les RG". Mais il a affirmé à l'AFP: "Je ne connais pas Luc Ferry, je ne l'ai jamais vu. Il me cite, je ne sais pas pourquoi."

L'ancien responsable policier a expliqué à l'AFPTV avoir "cité l'affaire de Marrakech" dans ses carnets, saisis par la justice dans le cadre de l'affaire Clearstream. "C'étaient des rumeurs qui circulaient à l'époque", a-t-il poursuivi, les qualifiant de "persistantes". "C'était une rumeur et on en reste à la rumeur, cela veut dire rien de prouvé", a-t-il ajouté.

Selon lui, "une rumeur cela a toujours une signification. Quand on fait courir une rumeur sur quelqu'un, ça veut dire qu'il y a une arrière-pensée, on veut le déstabiliser".

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