Cet article date de plus de huit ans.

L'aile gauche du PS reste allergique au traité européen

Malgré les rappels à l'ordre répétés de Jean-Marc Ayrault, une vingtaine de parlementaires socialistes assurent toujours qu'ils voteront contre le texte. 

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le député de l'Essonne Jérôme Guedj, le 12 septembre 2012, à Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

POLITIQUE - Rien n'y fait. Malgré les rappels à l'ordre, une vingtaine de députés appartenant à l'aile gauche du Parti socialiste s'obstinent toujours à voter contre le traité budgétaire européen, qui sera débattu au Parlement à partir du 2 octobre. Parmi les plus hostiles, le député de l'Essonne Jérôme Guedj. Il estime que ce texte "n'est pas une bonne solution, car il fait de la rigueur l'alpha et l'oméga de la politique budgétaire", explique-t-il à FTVi, mercredi 19 septembre, en marge des Journées parlementaires socialistes, à Dijon (Côte-d'Or). Par leur choix, ces députés enfreignent la ligne tracée par Jean-Marc Ayrault, qui a encore demandé, mercredi matin, "un vote massif" de sa majorité.

Les appels à voter "oui" ? "Je les écoute, je les entends. Mais ça ne me convainc pas et ça ne changera pas mon vote d'un iota", tranche le député de Paris Pascal Cherki. Ce dernier considére que le traité "rendra beaucoup plus difficiles à atteindre les objectifs qu'on s'est fixés", comme le retour de la croissance ou la baisse du chômage.

"Le 'non' de soutien", un étrange concept

A écouter Jérôme Guedj, qui a inventé l'étrange concept de " 'non' de soutien", les parlementaires réfractaires rendraient un fier service à François Hollande. "Le président de la République a moins besoin de discipline que de débat. Si personne ne moufte, ce sont d'autres que nous qui s'empareront des débats. Or, moi, je veux rester un trait d'union avec la société", plaide l'élu.

Cet argument ne fait pas recette au gouvernement. "Le 'non' de soutien, ça n'existe pas ! La meilleure façon de soutenir quelqu'un, c'est de dire 'oui' ", assure le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies. Lequel promet d'essayer "de convaincre tous, un par un", les élus récalcitrants. Dans son discours d'introduction, à Dijon, le patron des députés PS, Bruno Le Roux, a toutefois semblé exclure toute sanction contre des élus indisciplinés.

"Une pichenette de croissance dans un océan d'austérité"

Soutien ou pas soutien, là n'est pas la question pour la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. "Sur des sujets aussi importants, qui engagent l'avenir de la France à long terme, nous nous devons de prendre position sur le fond", déclare-t-elle, observant que "la politique d'austérité que veut nous imposer [la chancelière allemande] Merkel mène des pays droit dans le mur". Le volet "croissance", ajouté sous l'impulsion de François Hollande, ne constitue, selon elle, que "la moitié du chemin". "Il a obtenu le complément au traité, mais pas la modification du traité. C'est une pichenette de croissance dans un océan d'austérité."

Ironie du sort, les trois ministres chargés de relayer la position de l'exécutif ne sont pas connus pour être de fervents défenseurs de l'Europe libérale. Laurent Fabius (Affaires étrangères), Bernard Cazeneuve (Affaires européennes) et Alain Vidalies avaient tous trois voté "non" lors du référendum sur la Constitution européenne, en 2005. En réponse au "'non' de soutien" de Jérôme Guedj, Bernard Cazeneuve promeut désormais "un 'oui' de résistance". "Vous voyez, je pense qu'on peut s'entendre", sourit Jérôme Guedj. Mais pas au point de le faire voter "oui" au traité "Merkozy".

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers France

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.