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L'âge légal de 60 ans serait remis en cause dès le 1er janvier prochain et passerait à 62 ou 63 ans

C'est ce qu'affirment les sites du "Monde", des Echos et de L'Express selon qui le gouvernement souhaite combiner l'allongement de la durée de cotisation et le report de l'âge légal de départ pour réformer le système de retraites.Le ministère du Travail a démenti. Selon les 3 médias, le projet de réforme des retraites serait en fait "très avancé".
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C'est ce qu'affirment les sites du "Monde", des Echos et de L'Express selon qui le gouvernement souhaite combiner l'allongement de la durée de cotisation et le report de l'âge légal de départ pour réformer le système de retraites.

Le ministère du Travail a démenti. Selon les 3 médias, le projet de réforme des retraites serait en fait "très avancé".

Le relèvement de l'âge de la retraite serait allongé d'un trimestre par an à partir de janvier. "En conséquence, l'âge de la retraite à taux plein (65 ans aujourd'hui), c'est à dire celui où l'on ne subit plus de décote du fait d'une durée de cotisation insuffisante, passerait respectivement à 67 ou 68 ans", croit savoir L'Express.

L'âge légal de départ pourrait atteindre progressivement 62 ou 63 ans, à raison d'un trimestre par an.

Quant à la durée de cotisation pour retraite à taux plein, ellepasserait à 41,5 ans en 2020, 42 ans et un trimestre en 2030.

Côté nouvelles recettes...
Pour autant, selon les simulations du Conseil d'orientation des retraites (COR) pour 2050, l'allongement de la durée de cotisation à 43,5 ans et le report à 63 ans de l'âge légal de départ à la retraite ne suffiraient pas à combler le déficit du système. Il serait donc indispensable de chercher de nouvelles recettes.

En matière de recettes nouvelles, "le gouvernement travaille sur une enveloppe supérieure aux montants évoqués jusqu'à maintenant, de l'ordre de 3,5 à 4 milliards d'euros'", croit savoir Les Echos. Reste à trouver lesdites recettes...

Une taxation des hauts revenus serait instaurée: elle "devrait rester symbolique et rapporter à peu près ce que coûte à l'Etat le bouclier fiscal, soit quelque 600 millions d'euros", selon Le Monde.

Dans le même temps, les revenus financiers, notamment les stock-options et les revenus du capital, pourraient être davantage taxés, certaines niches fiscales et/ou sociales seraient supprimées ou rabotées. Pour autant, "l'essentiel des ressources (...) proviendrait d'une augmentation des cotisations vieillesse", affirme Le Monde. Cette hausse serait compensée par une baisse des cotisations chômage que rendrait possible un recul espéré du chômage.

Le taux de cotisation des fonctionnaires relevé
Des "mesures de convergence fortes", selon Les Echos, seraient prises pour rapprocher le système des retraites du public de celui des salariés du privé. Le gouvernement ne toucherait pas au mode de calcul des pensions des fonctionnaires - sur les six derniers mois de salaire, hors primes, contre la moyenne des 25 meilleures années dans le privé - mais à leur niveau de cotisation.

Ce niveau est actuellement de 7,85 %, contre un à trois points de plus dans le privé, selon la situation. Augmenter la cotisation est la mesure qui rapporte le plus et le plus vite, explique Le Monde.

Les syndicats convaincus, le ministère dément
Le ministère du Travail "dément formellement ces informations". "Tout sera connu au moment de la présentation du projet de réforme autour du 20 juin", a-t-il ajouté. "Aucune décision n'a été prise", a-t-on également assuré à l'Elysée.

Informations de presse suivies de démentis formels: le même scénario s'était déjà produit au début du mois de mai, quand Le Monde avait prêté à Nicolas Sarkozy le projet de reporter l'âge légal jusqu'à 63 ans en 2030.

Depuis, le gouvernement a publié son "document d'orientation". Il y écrit que sa priorité est d'allonger la durée d'activité des Français, mais se garde bien d'y dévoiler s'il va mettre en oeuvre un recul de l'âge légal pour y parvenir.

Pour les syndicats, il n'y a aucun doute. Après un entretien avec Eric Woerth mercredi, le leader de la CGT, Bernard Thibault, s'est dit convaincu que le gouvernement allait jouer "sur les deux leviers en même temps, l'âge et la durée de cotisation".

Son homologue de la CFDT, François Chérèque, reçu rue de Grenelle vendredi, a lancé après son entretien: "On a vraiment le sentiment qu'il va décaler l'âge de départ vers 61 ans, 62 ans ou plus".

Dans le même temps, des déclarations dans la majorité ont pu renforcer ce "sentiment". Quand Jean-François Copé a dévoilé mercredi les propositions des députés UMP
et NC, favorables au recul de l'âge légal, il a parlé de "convergence" avec le
gouvernement.

La députée UMP Valérie Rosso-Debord est allée plus loin: "Le groupe UMP, lui, est très en phase avec les pistes avancées par le ministre du Travail, Eric Woerth: le recul de l'âge légal de départ entre 63 et 65 ans par paliers, additionné à l'allongement nécessaire du nombre d'années de cotisations".

Des manifestations intersyndicales (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, CFTC, Unsa) sont prévues le 27 mai.

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