Arrestation manquée de jihadistes présumés : "pas de dysfonctionnement", selon le Parlement

La délégation parlementaire au renseignement a entendu les principaux services concernés par ce raté concernant ces trois français qui sont arrivés librement à Marseille alors qu'ils devaient être arrêtés par la police à Paris. 

La délégation parlementaire au renseignement est présidée par le député PS Jean-Jacques Urvoas.
La délégation parlementaire au renseignement est présidée par le député PS Jean-Jacques Urvoas. (FRED TANNEAU / AFP)

Aucun dysfonctionnement n'est à reprocher aux services de sécurité français. Tel est la conclusion de la délégation parlementaire au renseignement, qui s'est réunie jeudi 25 septembre pour entendre des responsables de la police et du renseignement après les ratés concernant l'arrivée en France de trois jihadistes présumés venus de Turquie.

La délégation parlementaire souligne, toutefois, "l'impérieuse nécessité d'améliorer les conditions d'échanges des informations avec les services étrangers" et "de mettre en place le plus rapidement possible le système de traitement des données passagers (PNR - Passenger Name Record)", dont "l'absence explique en grande partie les événements étudiés".

Des ajustements aux règles de Schengen ?

Enfin, la délégation "s'interroge sur les éventuels ajustements qui permettraient de mieux concilier les règles du code frontières Schengen avec les besoins de la sécurité nationale".

François Hollande avait estimé, mercredi, que "la coopération avec la Turquie [était] absolument indispensable", mais que "là, il y [avait] eu à l'évidence des manquements". Les trois Français soupçonnés d'être des jihadistes s'étaient évaporés dans la nature à leur retour de Turquie mardi, avant de se rendre à la gendarmerie mercredi matin.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait annoncé une enquête de l'Inspection générale de l'administration et de la "police des polices", tandis que plusieurs députés UMP, fustigeant l'"amateurisme" du gouvernement, réclamaient des enquêtes administrative ou parlementaire. Le ministre a aussi promis de se rendre "prochainement en Turquie" pour éviter de nouveaux "dysfonctionnements".

Le gouvernement affirme n'avoir "rien à cacher"

La délégation parlementaire au renseignement a auditionné le directeur central de la police aux frontières, David Skuli, le directeur général de la sécurité intérieure, Patrick Calvar, son adjoint, ainsi que son chef de cabinet et enfin le sous-directeur des affaires judiciaires à la DGSI.

Ces auditions avaient été annoncées mercredi, lors du débat à l'Assemblée sur l'intervention française en Irak. Pendant ce débat, le Premier ministre Manuel Valls avait souligné que le gouvernement n'avait "rien à cacher" et qu'il fallait "tirer les enseignements de cette affaire" et répondre aux "interrogations légitimes des parlementaires et de nos concitoyens".