Cet article date de plus de trois ans.

Seine-Saint-Denis : neuf jeunes sur dix pensent que des habitants du département sont discriminés par la police ou la justice

C'est le résultat d'une enquête réalisée pour le conseil départemental. Une écrasante majorité des habitants de Seine-Saint-Denis estiment aussi que des discriminations existent dans le monde du travail, au moment de la recherche d'emploi et de logement.

Article rédigé par France Info
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Vue aérienne de Saint-Denis, en juillet 2016. (MATTHIEU ALEXANDRE / AFP)

Neuf jeunes (18-24 ans) sur dix vivant en Seine-Saint-Denis pensent que des personnes sont discriminées par la police ou la justice dans leur département, selon une enquête réalisée par Harris Interactive* pour le conseil départemental et que franceinfo a pu consulter mercredi 10 juin. C'est également le cas dans la population générale du département pour huit habitants sur dix.

"Il faut un grand plan national de lutte contre les discriminations", estime Stéphane Troussel, président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, qui explique ne pas être surpris par ces chiffres. "Il y a maintenant longtemps que la population de la Seine-Saint-Denis, la Seine-Saint-Denis tout entière, a ce sentiment de discrimination à la fois sociale, territoriale."

Un sentiment de discrimination en hausse

Les habitants de ce département estiment aussi que des discriminations existent dans le monde du travail (87%) et au moment de la recherche d'emploi (88%). 85% pensent aussi que des personnes vivant en Seine-Saint-Denis sont discriminées lors de la recherche d'un logement.

D'après cette enquête, près de six habitants du département sur dix (56%) déclarent avoir été eux-mêmes victimes de discrimination durant ces cinq dernières années. Un tiers (33%) disent avoir eu le sentiment d'être discriminés spécifiquement parce qu'ils habitaient en Seine-Saint-Denis. 42% jugent par ailleurs que les discriminations ont augmenté durant ces cinq dernières années. Plus de 80% déclarent que la couleur de peau, la religion et le quartier d'habitation sont des facteurs principaux de discrimination.

"Au-delà du sentiment diffus de discrimination qui existe depuis des années, il y a des faits réels", pointe Stéphane Troussel. "Cette démarche que nous avons souhaité engager avec cette enquête, c'est justement aussi d'exposer les faits, de sortir du déni pour mettre sur la table ce débat sans aucun détour (…) et pour sortir de cette réalité. Parce que je crois que c'est non seulement un problème pour les individus, mais c'est aussi un problème collectif pour la société. Il faut donc sortir de cette situation, de cette réalité, par un plan d'action bien global", souligne le président du conseil départemental.

Finalement, c'est la société tout entière qui est empêchée d'agir, empêchée d'avancer et de bien vivre ensemble.

Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis

à franceinfo

"J'ai le sentiment qu'avec les mobilisations actuelles, nous sommes à un tournant qui doit être l'occasion de sortir enfin du déni concernant les discriminations", ajoute l'élu.

Les personnes interrogées estiment que l'éducation est le meilleur recours contre les discriminations (95%). Elles attendent aussi des initiatives de la part des maires (92%), de l'État (89%), des associations (89%), du Défenseur des droits (88%) et du département (86%).

* Cette enquête a été réalisée auprès de 1 004 habitants de Seine-Saint-Denis.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.