Migrants qui tentent de traverser la Manche : "Ils sont invisibles, s'il y a des naufrages, on ne le saura même pas"

Le président de l'association l'Auberge des migrants alerte sur les dangers de la traversée de la Manche par la mer, pour rejoindre la Grande-Bretagne.

Trois migrants tentent de traverser la Manche, à bord d\'un canoë, en août 2018.
Trois migrants tentent de traverser la Manche, à bord d'un canoë, en août 2018. (STR / AFP)

Christian Salomé, président de l’association l’Auberge des migrants, a affirmé vendredi 11 janvier sur franceinfo qu'un migrant sur deux réussissait à traverser la Manche. "On ne peut pas empêcher les gens de mettre leur vie en danger, que ce soit par la mer ou en passant par les terres. En passant par la mer, il y a 50% de réussite. Aujourd'hui, un migrant sur deux réussit à traverser la Manche", assure-t-il, tout en rappelant que ces migrants sont de plus en nombreux à tenter la traversée, de la France vers la Grande-Bretagne. 

Les autorités françaises et britanniques tentent de lutter contre les tentatives qui se multiplient depuis plusieurs semaines. Les migrants qui prennent tous les risques utilisent de petites embarcations : "Ces petits bateaux sont au ras des vagues. Un radar ne les détecte pas. Ils partent en pleine nuit vers trois heures du matin, par nuit noire. Ils sont invisibles et indétectables. S'il y a des naufrages, on ne le saura même pas parce qu'ils ne préviennent pas quand ils partent. Les dangers existent aussi par les camions. Il y a une dizaine de morts par an en moyenne dans les camions. Le danger existe partout", a-t-il expliqué.

Tout abri est détruit pour pousser des gens à quitter au plus vite Calais et Grande-Synthe.Christian Salomésur franceinfo

Pour Christian Salomé, les autorités françaises poussent les migrants à prendre des risques en tentant de rejoindre l'Angleterre : "Il faut bien comprendre qu'il y a un effort pour les pousser à partir en détruisant leurs abris systématiquement tous les jours. Ce sont les CRS qui détruisent ces abris. On ne leur en veut pas, ils font leur travail. On en veut plus aux autorités qui détruisent systématiquement toute tente ou toute bâche qui pourrait servir à abriter les gens des intempéries", a-t-il déploré.