Cet article date de plus de quatre ans.

La justice donne son feu vert au démantèlement de la "jungle" de Calais

Onze associations critiquaient les modalités de ce démantèlement, qui doit intervenir "dans les meilleurs délais et avant la période hivernale", selon le gouvernement.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
La "jungle" de Calais, le 17 octobre 2016. (DENIS CHARLET / AFP)

Le tribunal administratif de Lille a validé, mardi 18 octobre, le principe d'un démantèlement rapide de la "jungle" de Calais, rejetant le recours formé par 11 associations qui critiquaient les modalités de ce démantèlement soutenues par le gouvernement. 

Dans son ordonnance, le tribunal, saisi jeudi soir en référé-liberté, estime ainsi que "le principe même du démantèlement du site de la Lande de Calais ne méconnaît pas le principe de prohibition des traitements inhumains et dégradants."

"Il vise, au contraire, notamment, à faire cesser de tels traitements. Il vise, au contraire, notamment, à faire cesser de tels traitements, auxquels sont aujourd'hui soumis les migrants qui vivent sur ce site, dans des conditions de précarité et d'insécurité dénoncées par tous", ajoute le texte.

Le gouvernement satisfait

Cette décision "conforte le gouvernement dans sa démarche humanitaire et sa détermination à engager le démantèlement du campement de la Lande dans les meilleurs délais et avant la période hivernale", ont réagi les ministres de l'Intérieur et du Logement, Bernard Cazeneuve et Emmanuelle Cosse.

"C'est maintenant une question de jours (...) Nous arrivons au moment où nous allons engager cette opération", a précisé Bernard Cazeneuve à l'Assemblée nationale.

Vers la constitution de bidonvilles plus précaires ?

"En voulant démanteler à tout prix le camp de Calais dans la précipitation, on déplace seulement le problème", dénonce Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France interrogé par franceinfo, "on réfléchit à la suite, avec les dix autres associations et on pense à faire appel à la décision". Une position partagée par François Guennot, vice-président de l'Auberge des migrants, qui indique, mardi, que la "discussion est toujours en cours". 

En attendant, les deux responsables se déclarent particulièrement "vigilants" et se préparent à un éventuel démantèlement dans les jours à venir. Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a évoqué, mardi, la date du 24 octobre pour le démantèlement du plus grand bidonville de France. Pour les associations, cela pourrait ainsi conduire à "la reconstitution de bidonvilles encore plus précaires". "Il y a des personnes qui veulent absolument aller en Grande-Bretagne, qui vont se cacher dans des camps sauvages et qui vont essayer de revenir dès que la situation se sera calmée", explique ainsi François Guennot. 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.