Eurostar : des centaines de passagers bloqués à la gare de Calais-Fréthun après l'intrusion de migrants sur les voies

Six trains ont été perturbés et plusieurs centaines de personnes sont restées bloquées toute la nuit sur les quais de la gare de Calais-Fréthun. 

Des passagers bloqués en gare de Calais-Fréthun (Pas-de-Calais), le 2 septembre 2015. 
Des passagers bloqués en gare de Calais-Fréthun (Pas-de-Calais), le 2 septembre 2015.  ( REUTERS)

L'intrusion de personnes sur les voies du tunnel sous la Manche, probablement des migrants, a causé dans la nuit du mardi 1er au mercredi 2 septembre une gigantesque pagaille pour six trains Eurostar. Plusieurs centaines de personnes sont restées bloquées toute la nuit sur les quais de la gare de Calais-Fréthun, conséquence "de la présence d'intrus sur les voies à l'entrée française du tunnel, sur le site d'Eurotunnel", a fait savoir un responsable de la communication d'Eurostar, précisant que les incidents avaient débuté vers 22h30.

Un train vide a fini par être envoyé depuis Londres pour acheminer les passagers en station à Calais vers la capitale britannique. Il a quitté la gare française vers 10h30. Selon la préfecture, outre la présence d'intrus sur les voies, une fuite de gaz explique la longueur du blocage de cet Eurostar à Calais. 

"Notre Eurostar a été tracté vers la gare SNCF de Calais-Fréthun. Il doit y avoir environ 1 000 personnes sur les quais qui sont pleins à craquer. Il n'y a aucune communication, des militaires sont présents", a témoigné une passagère auprès de l'AFP. 

Ambiance tendue

D'abord obligés de rester sur les quais, les passagers ont été autorisés à entrer dans la gare elle-même vers 6 heures, selon des témoignages recueillis par l'AFP. Dans cette même gare, le contrôle des passeports avait débuté vers 7h30, par groupe de 50 personnes, dans une ambiance tendue. 

Une passagère de l'Eurostar a assuré à l'agence de presse que la nourriture n'avait été distribuée que vers 7h30, seules des boissons ayant été données jusqu'alors. Selon elle, une annonce officielle d'excuses "a été huée". La dernière communication officielle par haut-parleurs avait été faite vers 1h30, indiquant qu'un train viendrait chercher les passagers pour les acheminer à Londres, a-t-elle également déclaré.

Un autre passager témoigne en anglais sur Twitter des conditions difficiles pour ceux qui attendent dans le froid sur le quai, sans avoir dormi ni mangé.   

Eurostar n'était pas en mesure d'indiquer le nombre de personnes présentes dans le train, précisant toutefois que ce chiffre ne pouvait pas excéder 750, soit la capacité maximale d'un Eurostar. Ce train numéro 9055 est parti à 19h42 de la gare du Nord. Il est resté bloqué à partir de 21h30 à proximité de l'entrée du tunnel sous la Manche avant d'être tracté vers 2 heures en gare de Calais-Fréthun. "On est resté environ quatre heures à côté du tunnel, on voyait des policiers passer à la hâte dans le train", a confié Clothilde, 23 ans, une Française qui habite à Londres. "On n'a pas vu des migrants, mais on savait qu'il y en avait un peu partout sur le toit et c'est pour cela qu'on a attendu qu'un hélicoptère s'assure qu'il n'y ait pas de migrants au-dessus de nous", a-t-elle ajouté. "Les passagers n'ont pas autorisation de sortir de la gare, sauf pour prendre un taxi à l'entrée", a-t-elle ajouté.

Cinq autres trains perturbés

Une autre passagère a également rapporté avoir vu des personnes courir, probablement des migrants, avec des forces de l'ordre présentes, aux alentours de la gare de Calais-Frethun.

Concernant les cinq autres Eurostar touchés par ces incidents, "un train (Paris-Londres) est reparti vers Paris, un autre (Londres-Paris) a rebroussé chemin vers Londres et trois autres (qui attendaient dans l'attente que la voie de l'Eurostar bloqué à l'entrée du tunnel soit complètement libérée) sont bien arrivés à Londres", a fait savoir Eurostar. "Nous faisons tout ce qui est possible pour que les passagers soient accueillis avec une boisson, de la nourriture, des taxis et des hôtels à leur arrivée", a indiqué un porte-parole d'Eurostar.

Selon un porte-parole régional de la SNCF, "des personnes ont envahi les voies et ont conduit au ralentissement d'un train à l'entrée du tunnel, côté français". "Une fois le train arrêté, les forces de l'ordre sont intervenues pour l'évacuation et ça a bloqué les Eurostar qui étaient en ligne vers Londres et il a fallu couper le courant pour des raisons de sécurité. La zone a été libérée par les forces de l'ordre vers 1f30", a-t-il dit.