Calais : et si une nouvelle "jungle" voyait le jour ?

Selon la préfecture du Pas-de-Calais, après trois jours de démantèlement, la "jungle" est déserte. Pourtant, plusieurs associations estiment que 200 à 400 migrants seraient encore à proximité du bidonville. Et d'autres arrivent.

Des abris incendiés et une \"jungle\" quasi désertée mercredi 26 octobre, au troisième jour du démantèlement.
Des abris incendiés et une "jungle" quasi désertée mercredi 26 octobre, au troisième jour du démantèlement. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Les autorités l'ont annoncé officiellement mercredi 26 octobre, au soir du troisième jour du démantèlement de la "jungle" de Calais : 5 596 personnes ont été "mises à l'abri" depuis lundi, 1 348 pour la seule journée de mercredi.

Hier soir, la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, annonçait donc "la fin de la jungle". Une zone d'une dizaine d'hectares désertée ou presque par les migrants, poussés à évacuer les lieux par les nombreux incendies qui ont ravagé le camp dans la journée.

L'Angleterre à tout prix

Pour autant, selon plusieurs associations, 200 à 400 migrants auraient passé la nuit dans le bidonville ou à proximité. Et d'autres vont arriver. "Des migrants continuent à arriver, témoigne François Guennoc, vice-président de l'association L'Auberge des migrants. Vous avez vu le nombre de réfugiés sortis des bateaux en Méditerranée ? Certains vont également revenir des CAO [les centres d'accueil et d'orientation]. Alors que va-t-on faire ? Va-t-on les laisser dormir dehors, dans la campagne ?"

Ça s'est toujours passé comme ça, après les démantèlements de camps, d'autres camps se reconstituentFrançois Guennoc, vice-président de l'association L'Auberge des migrants

Le dispositif policier renforcé, mis en place le temps du démantèlement de la "jungle" de Calais, est maintenu pour quelques jours. L'objectif, justement, est d'éviter la formation de nouveaux camps de fortune par des migrants qui poursuivent leur rêve britannique. Car l'objectif reste bien l'Angleterre. Notamment pour ces femmes.

Et parmi les migrants qui ont accepté de rejoindre les CAO, beaucoup ne sont pas prêts à renoncer à leur projet de traverser la Manche. Karim, un Afghan de 29 ans, s'est ainsi résolu à quitter Calais, "à prendre un bus pour je ne sais quelle ville en France". Résigné, sa valise à roulettes à la main, il déclare : "Pour le moment, il est impossible d'aller en Angleterre, tous les accès sont bloqués et la police est partout. Mais à l'avenir, je retenterai ma chance."

La "jungle" va-t-elle se reconstituer ? Le reportage de Thibault Lefèvre
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