Calais : des ONG saisissent la justice pour obliger l'Etat à prendre des mesures d'urgence

Le Secours catholique-Caritas et Médecins du monde dénoncent "la violation de plusieurs droits fondamentaux".

Un jouet d\'enfant, dans la \"jungle\" de Calais, le 21 octobre 2015.
Un jouet d'enfant, dans la "jungle" de Calais, le 21 octobre 2015. (PASCAL ROSSIGNOL / REUTERS)

Le gouvernement mis au pied du mur. Médecins du monde et le Secours catholique-Caritas ont annoncé lundi 26 octobre avoir saisi la justice pour contraindre l'Etat à prendre des mesures d'urgence sur le campement de Calais, où 6 000 personnes s'entassent dans des conditions très dégradées. Les deux ONG ont déposé un référé-liberté, une procédure accélérée qui laisse au juge quarante-huit heures pour fixer une audience et, s'il constate des atteintes aux libertés fondamentales, obliger l'Etat à agir.

Elles appuient en effet leur requête "sur la violation de plusieurs droits fondamentaux : le droit au respect de la vie, le droit à la dignité humaine, le droit de ne pas subir de traitements inhumains ou dégradants, le droit d'asile", écrit l'organisation Médecins du monde dans un communiqué. Caritas fustige en outre "la formule répétée à l'envi de l'équilibre entre 'fermeté et humanité'", qui conduit selon elle à "l'indécision, voire à l'improvisation permanente" des autorités. Les ONG appellent à un "réexamen complet de la politique des pouvoirs publics".

Cent pages pour décrire des conditions "inconcevables"

Le texte transmis au juge des référés, à Lille, "est épais de plus d'une centaine de pages", précise Le Monde, et souligne les menaces qui pèsent sur les occupants du camp. "Risque d'inondation du bidonville, celui d'incendie et d'explosion compte tenu de la proximité d'usines classées Seveso, les agressions sexuelles et la prostitution contrainte pour les femmes et les enfants, les cas de gale et de dénutrition grave", liste, entre autres, Le Monde. Une telle démarche en justice "est une première pour Médecins du monde", selon la présidente de l'ONG, Françoise Sivignon. Mais les conditions de vie des personnes installées sur le bidonville sont "inconcevables", estime-t-elle.

"L'objet est d'obtenir le démantèlement du camp" ainsi que le "relogement des personnes" installées sur la "Jungle", "et, en attendant, l'organisation du camp en eau, nourriture, médecins...", explique Me Patrice Spinosi, chargé par les ONG d'introduire le recours devant le tribunal.