Colère des VTC : "Ces personnes qui étaient dans la rue ne sont pas des chauffeurs de VTC dans l’âme"

Le porte-parole d'Uber France Grégoire Kopp était invité sur franceinfo dimanche. Pour lui, les chauffeurs VTC qui manifestent sont minoritaires.

La branche française d\'Uber a porté plainte, dimanche 18 décembre. 
La branche française d'Uber a porté plainte, dimanche 18 décembre.  (CHIBANE / MAXPPP)

Le conflit entre les chauffeurs Uber et leur employeur a baissé d’un ton dimanche même si une plainte a été déposée par la société contre plusieurs syndicats. Ils n’étaient plus qu’une poignée à manifester à Paris après l’annonce d’une réunion au ministère des Transports lundi 19 décembre, à l’initiative du Secrétaire d’État Alain Vidalies. Près de 300 chauffeurs VTC dénoncent depuis plusieurs jours la chute de leurs revenus. Mais pour le porte-parole d’Uber France Grégoire Kopp, invité sur franceinfo, "ces personnes qui étaient dans la rue ne sont pas des chauffeurs de VTC dans l’âme".

Pourquoi avoir accepté de discuter ce lundi avec les chauffeurs ?

Nous recevons tous les chauffeurs, tous leurs représentants malgré toutes les violences de ce week-end. Et d’ailleurs j’ai une pensée pour les 22 000 chauffeurs de VTC français dont l’image, alors qu’ils font un superbe travail, est dégradée à cause d’une poignée de chauffeurs qui sont dans la rue et qui ne les représentent pas.

Ces manifestations ces derniers jours ont parfois été violentes. Quelle image reste-t-il ?

C’est une mauvaise pub pour tout le monde. Ces personnes qui étaient dans la rue ne sont pas des chauffeurs de VTC dans l’âme. Ils ne représentent pas les 22 000 chauffeurs. Ils étaient là pour casser et obtenir la fin des plateformes, ce qui n’est pas possible tout le monde en conviendra.

Si vous acceptez de discuter ce lundi, c’est que vous pourriez faire des concessions. Pourrait-il y avoir des évolutions notamment sur les commissions qui vous prélevez auprès des chauffeurs ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que ce sont quelques chauffeurs qui manifestent, et ils ne demandent pas du tout ça. Ils demandent la fin des plateformes parce qu’ils veulent revenir au monde d’avant, quand ça coûtait cher. Ce qu’ils ne disent pas, c’est qu’il y a 10 jours les prix ont augmenté de 13% sur Uber. Les chauffeurs vont avoir un chiffre d’affaires de 5% supplémentaires et ce même si Uber a augmenté sa commission, passée de 20 à 25%. Nous aussi nous avons besoin de pouvoir continuer à investir, car aujourd’hui Uber réalise encore globalement des pertes.

Dans quels domaines sont vos investissements ?

Dans l’application d’abord, qui vient de changer. Les chauffeurs également ont une application. Nous avons un centre à Aubervilliers qui accueille 3 000 chauffeurs par semaine qui viennent se renseigner. Donc vous voyez qu’on discute de très près avec les chauffeurs. Nous avons des locaux dans 11 villes en France. Il y a tout un paquet d’investissements que nous faisons au profit des chauffeurs et des passagers pour que l’application fonctionne mieux. Imaginez demain, nous venons déjà d’augmenter les prix de 13%. Si nous les augmentions encore de 20%, il y aurait beaucoup moins de passagers qui utiliseraient l’application. Le chauffeur aurait moins de clients et donc au final il gagnerait encore moins de revenus

L’une des propositions que font les chauffeurs est de baisser la commission. Est-ce possible ?

Ça serait possible mais aujourd’hui Uber a besoin de cet argent pour continuer à investir. Est-ce qu’il ne faut pas avoir un certain équilibre ? Sûrement. Si le sujet global de cette réunion avec tout le monde c’est de comment faire en sorte que les chauffeurs augmentent encore leurs revenus, c’est très bien.

"Uber accepte toujours de discuter avec ses chauffeurs et ses représentants" - Grégoire Kopp, porte-parole d'Uber France
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