Cet article date de plus d'onze ans.

Gérard Longuet a invité Maleck Boutih, donné favori pour diriger la Hale, à défendre son projet devant le Sénat

Le président des sénateurs UMP a dit s'être entretenu par téléphone avec ce représentant socialiste et avoir constaté son réel intérêt pour ce poste.Ses propos affirmant que le successeur de Louis Schweitzer à la présidence de la Halde devait être issu du "corps français traditionnel" ont continué de provoquer colère à gauche et malaise à droite.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 4 min.
Gérard Longuet (France 2)

Le président des sénateurs UMP a dit s'être entretenu par téléphone avec ce représentant socialiste et avoir constaté son réel intérêt pour ce poste.

Ses propos affirmant que le successeur de Louis Schweitzer à la présidence de la Halde devait être issu du "corps français traditionnel" ont continué de provoquer colère à gauche et malaise à droite.

Invité mercredi de "Questions d'Info LCP/France Info/AFP", Gérard Longuet avait estimé que Malek Boutih était "un homme de grande qualité mais ce n'est pas le bon personnage" pour présider la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité.

A la question de savoir pourquoi M. Boutih ne correspondait pas, à ses yeux, au poste, il a répondu : "Parce qu'il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. Si vous voulez, les vieux Bretons et les vieux Lorrains - qui sont d'ailleurs en général Italiens ou Marocains - doivent faire l'effort sur eux-mêmes de s'ouvrir à l'extérieur".

"La Halde, cela veut dire que c'est la France qui s'ouvre aux populations nouvelles. Schweitzer, c'est parfait. Un vieux protestant, parfait !", a-t-il ajouté. "Si vous mettez quelqu'un de symbolique, extérieur, vous risquez de rater l'opération", a conclu le président du groupe UMP au Sénat.

Malaise à droite
Le ministre de l'Immigration Eric Besson s'est dit en "complet désaccord avec les propos de Gérard Longuet" estimant qu'une nomination de sur Malek Boutih à la tête de la Halde serait "un excellent choix". "La nation française est fondée sur le dépassement des origines et l'adhésion à des valeurs républicaines" et "Malek Boutih est Français, à égalité de droits et de devoirs avec tous les Français", a ajouté M. Besson.

Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, invité des 4 Vérités, jeudi matin, a déclaré que les propos de Gérard Longuet sont regrettables, pas très compréhensibles et que Gérard Longuet a lui-même jugés maladroits.

Pour le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, Malek Boutih a "le bon profil" pour prendre la tête de la Halde. "Il a à la fois la culture initiale du militantisme et en même temps il a pris de la sérénité et de la tranquillité. Moi, j'ai beaucoup d'estime pour lui", a-t-il dit sur France Info.

Selon, Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, qui s'exprimait lui aussi sur France Info, Gérard Longuet "n'a voulu blesser personne, n'a voulu choquer personne, c'est pourquoi il a décidé d'écrire, de faire un communiqué et de préciser des choses".

Tollé à gauche
Daniel Cohn-Bendit (Verts, Europe Ecologie) a estimé jeudi qu'avec ses déclarations sur Malek Boutih, Gérard Longuet "retrouve son histoire qui n'était peut-être pas la plus belle", faisant allusion au passé de militant d'extrême droite de M. Longuet.(M. Longuet a milité dans sa jeunesse à l'extrême droite. Il a notamment participé en 1964, avec Alain Madelin et Patrick Devedjian, à la fondation d'Occident. En 1965 il avait soutenu la candidature à la présidentielle de Jean-Louis Tixier-Vignancour, l'avocat de l'OAS).

Harlem Désir, secrétaire national chargé de la coordination au PS, a demandé à l'UMP de "condamner ces propos". "En assimilant les Français d'origine étrangère à des citoyens de second rang, Gérard Longuet tient un discours intolérable, aux relents racistes et qui justifie et légitime les discriminations", estime-t-il.

"Ces propos sont, bien plus qu'un dérapage, une véritable théorie raciale totalement contraire à l'idée de la Nation républicaine et à l'égalité des droits entre les citoyens de toutes origines", affirme l'eurodéputé en estimant que de telles assertions méritaient une saisine de la Halde.

Le porte parole du PS, Benoît Hamon, a également fustigé ces propos "d'un autre siècle", jugeant que "le rapport de la droite à l'immigration est consternant". "Ce n'est pas un cas isolé. Il n'y a plus de hasard. Cette famille politique est malade de son rapport au Front national. Quelque chose s'est déverrouillé après le débat sur l'identité nationale, qui sent particulièrement mauvais", a-t-il dit sur Public Sénat.

Pour Ali Soumaré, tête de liste PS dans le Val-d'Oise accusé à tort par l'UMP d'être un délinquant, le parti présidentiel "est en train de se lâcher". "On assiste à un discours politique qui fait peur", estime-t-il.

Olivier Besançenot, leader du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), a accusé le gouvernement et l'UMP, à travers les propos de Gérard Longuet, de tout faire pour "siphonner les voix de l'extrême droite".

Le PCF a estimé que "le commentaire du président du groupe UMP au Sénat n'est pas seulement choquant et raciste. Ce n'est plus un dérapage, c'est une chute libre".

SOS Racisme a dénoncé "la vision véhiculée par M.Longuet" qui "montre montre la conception ethnique qu'il s'en fait et qui rappelle la France de Maurras en contradiction avec la France républicaine qu'il est censé incarner". Pour le président de l'association, Dominique Sopo, Gérard Longuet retrouve ainsi "sa jeunesse d'extrême-droite". "Ces propos sont indignes d'un responsable politique de premier rang".

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers France

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.