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Dans sa lettre aux candidats, Bayrou le centriste dénonce les extrêmes

Soucieux de préserver l'indépendance des électeurs centristes, le président du MoDem a envoyé une lettre à Nicolas Sarkozy et François Hollande, dans laquelle il regrette "la complaisance à l'égard des extrêmes".

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François Bayrou s'adresse à ses partisans le soir du premier tour de l'élection présidentielle, le 22 avril 2012.  (JULIEN MUGUET / REUTERS )

La missive a été transmise mercredi 25 avril par coursier aux deux finalistes, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Fort de 9,13% des voix au premier tour, François Bayrou n'a pas donné de consigne de vote. Mais il a écrit aux deux candidats à la présidentielle que "l'attitude personnelle des gouvernants comptera[it] beaucoup". "C'est une question de valeurs, personnelles autant que politiques", ajoute-il dans sa lettre, publiée notamment sur le site du Figaro. 

En attendant, François Hollande et Nicolas Sarkozy s'adressent aux centristes. FTVi revient sur ces échanges d'entre-deux-tours.

Bayrou dénonce "la complaisance à l'égard des extrêmes"

Le président du MoDem a indiqué qu'il écouterait les deux finalistes, notamment lors du débat télévisé qui les opposera, pour prendre ses "responsabilités" en vue du second tour.  Mais il a tenu à prévenir François Hollande et Nicolas Sarkozy : "Vous participez au second tour de l’élection présidentielle. Il me paraît normal de vous rappeler ce qui a été essentiel pour les plus de trois millions d’électeurs qui m’ont apporté leur suffrage au premier tour", avant d'énumérer les thèmes chers au MoDem, tels que "la recherche de l'équilibre des finances publiques", "l'éducation" et "la moralisation de la vie publique."

François Bayrou veille à défendre l'indépendance de son électorat, très courtisé, et dénonce "la violence des attitudes et des mots, la guerre d'un camp contre l'autre, la complaisance à l'égard des extrêmes qui caractérisent notre pays".

L'assimilation des électeurs MoDem et FN est "offensante"

Accusant Nicolas Sarkozy de valider le discours du Front national, François Bayrou avait plus tôt jugé "offensant" que le candidat UMP ait assimilé frontistes et centristes. Dans une interview accordée aux quotidiens de l'Association des journaux de l'est de la France, Nicolas Sarkozy a en effet affirmé mercredi que "les préoccupations des électeurs de François Bayrou et ceux du Front national sont les mêmes, même si les chemins sont différents". La phrase, symptomatique du grand écart que doit opérer le président candidat pour convaincre aussi bien les électeurs de Marine Le Pen que ceux de François Bayrou, a scandalisé le président du MoDem

"Le courant politique que j'anime s'est toujours défini par des valeurs qui sont d'abord humanistes", a rappelé le président du MoDem. Prétendre que "les déséquilibres des comptes sociaux étaient dus aux immigrés, c'est un reniement d'un demi-siècle de politique sociale en FranceC'est un reniement du gaullisme aussi bien que des démocrates-chrétiens et humanistes", s'est-il indigné, dénonçant une "course ventre à terre derrière les thèses du Front national" qui est "humiliante".

François Bayrou prend donc clairement ses distances avec l'UMP, alors que les élus centristes annoncent sans ligne directrice mettre leur bulletin tantôt à droite, tantôt à gauche le 6 mai.

Hollande dit "ne pas faire pression" et parle "moralisation de la vie politique"

François Bayrou "dit des mots justes concernant Nicolas Sarkozy", a relevé François Hollande en conférence de presse mercredi, avant de préciser : "Mais il en dira peut-être d'autres à mon égard." "Je ne veux surtout pas tirer un propos pour un compte personnel", a-t-il ajouté, soucieux de ne pas froisser les électeurs du MoDem.

FTVi

Interrogé sur ce qu'il entendait faire en direction de l'électorat du candidat centriste, François Hollande a indiqué qu'il respectait "ce que [François Bayrou] dira ou fera". "Je ne fais pas pression. Chacun est libre", a-t-il dit sur France 2. 

"Je dois m'adresser à tous les électeurs, a-t-il poursuivi. Et notamment à ceux qui, dans ce scrutin, ont exprimé une exigence de moralisation de la vie politique", un thème qu'a développé particulièrement François Bayrou pendant sa campagne. "Je veux dire, pas seulement à François Bayrou, même s'il a porté ces thèmes, et je le reconnais, qu'il y aura avec ma présidence une moralisation, y compris dans la lutte contre la corruption", a-t-il insisté.

"Ce que je sais, c'est que beaucoup de ceux qui ont pu l'accompagner ne peuvent pas accepter la droitisation" du "candidat sortant", a ajouté François Hollande. 

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