EN IMAGES. Quand les Françaises se battaient pour obtenir le droit de vote

Lors des municipales du 29 avril 1945, il y a tout juste soixante-dix ans, les Françaises votaient pour la première fois de leur histoire. Francetv info revient sur un long combat mené avant-guerre.

C'était il y a soixante-dix ans, le 29 avril 1945. Au lendemain de la guerre, les Françaises votent pour la première fois de leur histoire, à l'occasion des élections municipales. Un an plus tôt, ce droit leur a enfin été reconnu par une ordonnance du Comité français de la Libération nationale, signée par Charles de Gaulle à Alger.

Lors de cette grande première, les électrices se massent devant les bureaux de vote. Quelques mois plus tard, en octobre, elles votent une nouvelle fois pour les élections à l'Assemblée constituante. A l'époque, 33 d'entre elles sont élues sur un total de 586 députés (5,6%). Soixante-dix ans plus tard, les femmes ne sont que 27% à l'Assemblée nationale.

Pour éclairer les combats d'aujourd'hui, francetv info revient sur le long chemin vers ce droit, réclamé en vain durant des décennies.

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"Sont privés des droits politiques : les mineurs, les interdits, les condamnés à des peines infamantes... et toutes les femmes", rappelle ce dessin de 1923. Au même moment, les Norvégiennes ont déjà le droit de vote depuis dix ans. COLLECTION YLI / SIPA
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Sur cette carte postale, les "suffragistes" montrent les muscles, avec "ce char d'assaut" lancé dans les rues de Paris afin de sensibiliser l'opinion publique. COLLECTION YLI / SIPA
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Louise Weiss s'est présentée symboliquement aux municipales de Montmartre, le 5 mai 1935. La féministe recueille des milliers de voix – non comptabilisées – en transformant des cartons en urnes. KEYSTONE-FRANCE / HULTON ARCHIVE CREATIVE / GETTY
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La voici d'ailleurs en compagnie d'autres suffragettes enchaînées les unes aux autres, le 12 mai 1935. Avec son association "La Femme nouvelle", Louise Weiss multiplie les coups d'éclat l'année suivante. Au même moment, l'Union nationale pour le vote des femmes, d'inspiration conservatrice et catholique, compte 100 000 membres. COLLECTION ANTOINE / SIPA / SIPA
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Des Françaises manifestent à Paris, au mois de mai 1936, lors des grandes grèves qui ont abouti aux congés payés et à la semaine des quarante heures. Leur revendication sur le droit de vote, elle, n'est toujours pas entendue. Entre mai 1919 et juillet 1936, la chambre des députés adopte à six reprises le vote des femmes. En vain, puisque le Sénat refuse d'examiner le texte. ARCHIVE / AFP
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En juin, Léon Blum nomme tout de même trois femmes sous-secrétaires d'Etat : Suzanne Lacore à la Santé publique, Cécile Brunschvicg à l'Education nationale et Irène Joliot-Curie à la Recherche scientifique. Voici cette dernière, à la sortie du conseil des ministres. PHOTO 12 / UNIVERSAL IMAGES GROUP EDITORIAL / GETTY
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Pendant la guerre, en juin 1942, Charles de Gaulle fait une promesse : "Une fois l'ennemi chassé du territoire, tous les hommes et toutes les femmes de chez nous éliront l'Assemblée nationale". Cigarette au bec, ces Françaises sont devenues des électrices, ce jour du 29 avril 1945 à Paris. STAFF / INTERCONTINENTALE / AFP
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La décision a été prise officiellement le 24 mars 1944, lors de l'assemblée consultative provisoire, avec un amendement adopté par 51 voix contre 16. A Paris comme ailleurs, les femmes se pressent dans les bureaux de vote, un an plus tard. AFP
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Cette future électrice a de nombreux scrutins devant elle. Les Français sont de nouveau appelés aux urnes, six mois plus tard, à l'occasion du référendum du 21 octobre 1945. AFP