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Deux salariés des Caisses d'épargne se sont suicidés et un autre employé a fait une tentative, en 15 jours

C'est ce qu'a annoncé mercredi le syndicat SUD du groupe Banques populaires Caisses d'épargne (BPCE) qui fait un lien entre ces "trois tristes événements" et le travail.La direction a lancé une enquête interne pour un des cas de suicide, mais pas pour le deuxième.
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 (France3 Lyon)

C'est ce qu'a annoncé mercredi le syndicat SUD du groupe Banques populaires Caisses d'épargne (BPCE) qui fait un lien entre ces "trois tristes événements" et le travail.

La direction a lancé une enquête interne pour un des cas de suicide, mais pas pour le deuxième.

"Nous sommes convaincus qu'il existe un lien direct entre une nouvelle organisation du travail et la dégradation de la santé physique et mentale des salariés qui a amené certains d'entre eux à mettre fin à leurs jours ou à tenter de le faire", a affirmé à l'AFP le délégué SUD.

"Les deux salariés, qui ont mis fin à leur jours le 18 mars et le 28 mars, travaillent l'un à la Caisse de Côte d'Azur, l'autre à la Caisse de Bourgogne Franche-Comté, la tentative de suicide est survenue le 1er avril sur le lieu de travail à la Caisse de Bretagne-Pays de Loire", a précisé le syndicaliste.

Le syndicat SUD dénonce "le benchmark, une méthode qui consiste à comparer chaque jour les résultats des salariés et des agences et qui crée des situations anxiogènes avec une pression au quotidien".

"Il y a une compétition aux résultats qui laisse des gens sur le carreau. En 2010, nous avons fait de très bons résultats, mais il y a de la casse", a déclaré la secrétaire générale de l'UNSA (premier syndicat du groupe), établissant ainsi un lien entre les cas de suicides et les conditions de travail. Pour elle, "ça va mal finir, les gens n'en peuvent plus".

Risque suicidaire pour un salarié sur dix
Une enquête menée en 2008 auprès de 5.000 salariés avait mis en évidence une "situation très préoccupante en matière de santé au travail : 10,4% des salariés interrogés avaient répondu par l'affirmative au risque suicidaire", selon l'UNSA.

"L'employeur a une obligation de prévention des risques professionnels et doit veiller à la santé physique et mentale de ses salariés. S'il manque à cette obligation, il commet alors une faute inexcusable, et cette faute suffit pour engager sa responsabilité", a rappelé le délégué de SUD.

La direction du groupe a mis en avant des "circonstances différentes" pour les deux suicides. "Dans un cas, une commission d'enquête interne a été créée, dans l'autre cas, le CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) n'a pas donné suite", a expliqué un porte-parole des Caisses d'Epargne.

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