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Des gynécologues obstétriciens libéraux poursuivent lundi leur mouvement de protestation dans plusieurs villes

"Le mouvement continue, car on n'est toujours pas assurés, c'est pour nous intolérable de ne pas être assurés", a déclaré le docteur Jean Marty, secrétaire général du Syngof.La grève lancée samedi dans les maternités privées a touché ce week-end une dizaine de villes en province (Nantes, Lyon, Bordeaux, Toulouse).
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"Le mouvement continue, car on n'est toujours pas assurés, c'est pour nous intolérable de ne pas être assurés", a déclaré le docteur Jean Marty, secrétaire général du Syngof.

La grève lancée samedi dans les maternités privées a touché ce week-end une dizaine de villes en province (Nantes, Lyon, Bordeaux, Toulouse).

Les gynécologues obstétriciens libéraux assurent environ 30% des accouchements en France dans des cliniques privées.

Le ministère de la Santé a demandé dès samedi aux préfets de réquisitionner les médecins et d'orienter les futures mamans vers les hôpitaux publics.

L'amendement adopté, "pas satisfaisant" selon le Syngof
Les sénateurs ont adopté dimanche un amendement au projet de budget de la Sécu 2010 qui prévoit que l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam) dédommage un gynécologue-obstétricien qui serait condamné à réparer un dommage alors que le délai de validité de son assurance est expiré.

La formulation de cet amendement n'est pas jugée satisfaisante par le Syngof, qui a rencontré dimanche après-midi son auteur, le rapporteur UMP de la commission des Affaires sociales Alain Vasselle.

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot s'est engagée "à porter de trois à six millions d'euros" le plancher des garanties d'assurance, dans un prochain décret, mais selon M. Marty, ce seuil de six millions d'euros ne suffit pas. "Ce plafond peut être largement dépassé, cela peut aller jusqu'à vingt millions d'euros", a déploré M. Marty. Selon lui, "la ministre n'avait pas l'autorisation de Bercy et du gouvernement", pour accepter une formulation telle que demandée par le syndicat.

Réactions
A l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, un responsable a indiqué dimanche que les maternités n'ont pas, tout comme samedi, fait remonter d'informations sur d'éventuels reports vers l'hopital public de femmes ne pouvant accoucher dans les maternités privées.

En Loire-Atlantique, la préfecture a maintenu dimanche la réquisition d'un gynécologue-obstétricien dans deux maternités privées de Nantes, la polyclinique de l'Atlantique et la clinique Bretéché. "Ces deux cliniques pratiquent autour de 20-25 accouchements par jour et il était impossible pour le CHU d'absorber une telle activité supplémentaire. C'était un problème de santé publique majeur", a expliqué le sous-préfet de permanence,
Louis-Michel Bonté.

Dans l'agglomération bordelaise, deux des quatre maternités privées, Bordeaux Nord et Bordeaux Rive Droite à Lormontdeux, poursuivaient dimanche la grève, suivie par "la quasi-totalité" des médecins. Au CHU de Bordeaux, un dispositif de sécurité est mis en place pour compléter l'effectif médical et soignant, avec des sage-femmes.

A Lyon, les gynécologues ont cessé tout accouchement dans les trois maternités privées (Natécia, Val d'Ouest et Rilleux), qui assurent habituellement la moitié environ des accouchements de l'agglomération, et toutes les femmes sont renvoyées vers le public, a indiqué le délégué régional du Syngof. Deux médecins obstétriciens ont été réquisitionnés par le préfet de samedi 12 h à lundi 8 h à la clinique Natecia.

A Grenoble, la clinique Belledonne fait grève, selon le gynécologue obstétricien Jean-Michel Allouch. Les patientes sont redirigées vers le CHU.

A Strasbourg et à Marseille, aucun gynéco n'était en grève. A Nancy, un gynécologue a été réquisitionné pour la clinique Majorelle où seules les urgences étaient assurées.

A Avignon, les gynecos de la clinique Urbain V n'assurent que les urgences (deux cas dimanche matin). "On a l'impression que personne ne veut régler ce problème", a estimé le Dr Christophe Anquetil gynécologue de permanence qui rappelle qu'en juillet, une grève avait été suspendue sur des promesses de solution.

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