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Coup de filet antiterroriste : ce que l'on sait de l'enquête

Douze personnes sont toujours en garde à vue ce matin. Le ministre de l'Intérieur envisage d'autres interpellations.

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France Télévisions
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Des policiers du Groupe d'intervention de la police nationale après une perquisition dans un immeuble de Cannes (Alpes-Maritimes), le 6 octobre 2012. (JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET / AFP)

FAITS DIVERS – Douze personnes, dont près de la moitié ont été interpellées à Cannes (Alpes-Maritimes), restent en garde à vue lundi 8 octobre au matin, deux jours après un vaste coup de filet dans la mouvance islamiste radicale. Les enquêteurs cherchent à cerner les éventuels projets terroristes antisémites de cette cellule. FTVi récapitule les premiers éléments de l'enquête.

Comment l'enquête a-t-elle démarré ?

L'enquête a commencé après un attentat à la grenade dans une épicerie casher de Sarcelles (Val-d'Oise), où vit une importante communauté juive, le 19 septembre. L'attaque avait fait un blessé léger.

Elle avait eu lieu dans une période de fortes tensions, quelques jours après une manifestation antiaméricaine non autorisée à Paris où avaient été entendus des slogans antisémites, et le jour de la publication par Charlie Hebdo de caricatures de Mahomet. Mais la préparation de cet acte pourrait être antérieure à ces événements, puisqu'un des hommes interpellés à Cannes est soupçonné d'avoir effectué des repérages à Sarcelles.

Qui sont les suspects ?

Le leader présumé du groupe, Jérémie Louis-Sidney, un converti de 33 ans, a été tué l'arme à la main alors qu'il avait entrepris de tirer avec un 357 Magnum de calibre 9 mm sur les policiers venus l'interpeller dans son appartement du quartier de l'Esplanade à Strasbourg (Bas-Rhin). Sa trace ADN avait été retrouvée le 25 septembre sur un morceau de la grenade lancée dans l'épicerie casher. Louis-Sidney partageait son temps entre Cannes, Strasbourg et la Seine-et-Marne où il était né.

Le profil des jeunes arrêtés, pour la plupart nés dans les années 1980 et 1990, interpelle : nés en France, plusieurs d'entre eux sont des convertis. A l'instar de Louis-Sidney, qui s'était vu infliger deux ans de prison en 2008 par le tribunal correctionnel de Grasse, certains ont par le passé été condamnés pour des affaires de droit commun avant de se radicaliser. Les enquêteurs ont insisté tout le week-end sur leur détermination. Un homme, interpellé à Torcy (Seine-et-Marne), était muni d'une arme prête à l'usage, un 22 Long Rifle chargé, quand il a été arrêté à l'aube samedi de retour de sa salle de prière.

Selon une source proche du dossier, cet homme qualifié de "dangereux" se plaçait "clairement dans une perspective jihadiste". Des documents retrouvés chez les suspects, dont plusieurs vivaient à Cannes, attesteraient d'un "très vif antisémitisme".

Quels étaient leurs projets ?

En matière antiterroriste, les auditions peuvent durer 96 heures. Les enquêteurs ont donc jusqu'à mercredi pour élucider les motivations du groupe. Lors des perquisitions, ont été notamment retrouvés 27 000 euros en liquide, des munitions, des livres islamistes, du matériel informatique, de la documentation pouvant laisser penser à des velléités terroristes, une liste d'associations et d'organisations juives en banlieue parisienne. Mais aussi quatre testaments, évoquant une possible volonté de mourir en martyrs de la part de certains membres du groupe, dont Jérémie Louis-Sidney.

Valls envisage d'autres interpellations

Le ministre de l'Intérieur a indiqué lundi matin sur RTL qu'il y aurait "sans doute, peut-être" d'autres interpellations après le démantèlement du groupe islamiste radical. Evoquant un "groupe dangereux", Manuel Valls a ajouté qu'il y avait en France "plusieurs dizaines, plusieurs centaines d'individus capables de s'organiser comme le groupe qui vient d'être démantelé".

RTL

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