Claude Guéant : "trop" d'étrangers en France

Invité du "Grand rendez-vous Europe 1-iTélé-Le Parisien" dimanche, le ministre de l'Intérieur a dit vouloir traquer "les abus" et annonce une politique ferme à l'égard des étrangers. 

Claude Guéant au congrès des maires, le 22 novembre 2011 à Paris. 
Claude Guéant au congrès des maires, le 22 novembre 2011 à Paris.  (ZAER BELKALAI / CITIZENSIDE.COM / AFP)

La France accueille chaque année 200 000 étrangers en situation régulière, et c'est "trop", a estimé dimanche 27 novembre le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. Invité de l'émission "Le grand rendez-vous Europe 1-iTélé-Le Parisien", le ministre de l'Intérieur a été questionné sur la politique qu'il défend à l'égard des étrangers en France, illégaux et légaux.

Réduire l'immigration de 10 %

"Nous acceptons sur notre sol chaque année 200 000 étrangers en situation régulière. C'est l'équivalent d'une ville comme Rennes, c'est deux fois Perpignan, a dit le ministre. (...) je trouve que c'est trop." Claude Guéant a répété son objectif : réduire de 10 % cette immigration en un an avec la réforme du droit d'asile détaillée par Le Monde.

"Je souhaite comme le gouvernement, comme le président de la République, que les étrangers qui viennent chez nous soient intégrés, adoptent nos lois, adoptent notre mode de vie", a-t-il poursuivi. 

Pas de droit de vote aux élections locales

Concernant les étrangers en situation régulière, Claude Guéant n'envisage pas de leur accorder le droit de vote aux élections locales. "Il y a des sujets plus importants aujourd'hui que celui-là qui se posent à notre pays", a-t-il assuré, fustigeant la proposition de loi socialiste bientôt discutée au Sénat, qui propose le droit de vote et d'éligibilité des étrangers extracommunautaires. 

Il s'est opposé à des élections de maires étrangers non issus de l'Union européenne, en citant notamment la Seine-Saint-Denis. "Très franchement, a-t-il prévenu, je n'ai pas envie de voir dans le département de la Seine-Saint-Denis, qui a une forte population étrangère, la majorité des maires devenir étrangers."

Lutter contre "les fraudes spécifiques"

En accord avec la politique d'intransigeance vis-à-vis des fraudeurs annoncée par Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Intérieur a noté que si "un certain nombre d'avantages sociaux sont tout à fait normaux", il existe "des fraudes spécifiques" contre lesquelles il convient de lutter. 

"Grâce à des dispositions législatives nouvelles qui ont été publiées cette année, nous allons pouvoir, dès le 1er janvier prochain, connecter les fichiers des étrangers résidant en France et les fichiers de Sécurité sociale, de sorte que nous aurons des moyens plus efficaces pour lutter contre ces fraudes spécifiques", a affirmé le ministre de l'Intérieur.