Chatel promet d'augmenter le salaire des jeunes profs

Le ministre de l'Education promet aux jeunes profs qu'ils passeront "la barre symbolique des 2 000 euros".

Luc Chatel assiste au 94e Congrès des maires à Paris le 23 novembre 2011.
Luc Chatel assiste au 94e Congrès des maires à Paris le 23 novembre 2011. (ZAER BELKALAI / CITIZENSIDE.COM / AFP)

En visite au salon de l'éducation de Paris jeudi 24 novembre, Luc Chatel a annoncé une augmentation des salaires mensuels des jeunes enseignants. "La barre symbolique des 2.000 euros en début de carrière sera franchie au 1er février 2012", précise le ministre de l'Education.

• Qui sont les enseignants concernés ?

La mesure concerne tous les professeurs des échelons 1 à 5, c'est à dire ceux qui ont moins de sept ans d'ancienneté. Selon l'entourage de Luc Chatel, cela représente 107 000 jeunes certifiés et professeurs des écoles.

Combien gagneront-ils chaque mois ?

Ils toucheront selon le ministre au moins 2 000 euros brut, hors primes. Dans le détail publié par Le Mondeles jeunes professeurs novices d'échelon 1, 2 et 3 seront augmentés de 102 euros dès février 2012.

A l'échelon 4, ils toucheront chaque mois 64 euros de plus qu'avant, pour atteindre 2 060 euros mensuels.

A l’échelon 5, ce seront 23 euros supplémentaires, soit 2 121 euros par mois. Au bout de cinq ans, leur niveau de salaire retrouvera celui de la grille des salaires actuelle de l'Education nationale.

Combien coûte cette mesure ?

Le Monde avance un coût de 75 millions d'euros, qui sera financé par les suppressions de postes prévues dans l'Education nationale et assumées par Luc Chatel, comme le relaie Libération.

Cette augmentation est-elle une première pour le gouvernement ?

Non, les enseignants débutants avaient déjà bénéficié d'un geste de Luc Chatel en mars2010. D'ailleurs, le ministre de l'Education a insisté sur le fait que par rapport à "1 690 euros en 2007", la hausse de leur salaire brut est de "+18 % en cinq ans".

Un chiffre nuancé par la secrétaire générale du syndicat d'enseignants FSU, Bernadette Groison : "Plus grand monde ne rentre [dans l'enseignement] aux 1er et 2échelons, donc le ministre triche un peu." Selon elle, en cinq ans les enseignants d'échelon 3 ne seraient ainsi augmentés que de 5 %.

• Pourquoi cette mesure intervient-elle maintenant ?

La fronde, axée principalement sur les suppressions de postes, gronde dans les milieux enseignants, à six mois des élections présidentielles. Ainsi, pour Bernadette Groison, cette augmentation des jeunes profs ne suffira pas : "Je ne suis pas sûre que ce soit suffisant pour enrayer la crise de recrutement à laquelle fait face actuellement l'Education nationale."

Une problématique prise à bras-le-corps par le Parti socialiste. François Hollande a inclus dans son programme présidentiel la création de 60 000 postes en cinq ans dans l'Education nationale. Le PS avance pour cela un coût de 2,5 milliards d'euros. L'UMP chiffre quant à lui cette mesure, jugée "irréaliste", à 7,5 milliards d'euros.