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Bernard Thilbaut a averti qu'un conflit était "inévitable" si âge et durée de cotisation étaient les seuls critères

"Si le gouvernement persiste à vouloir maintenir des discussions telles que le Medef souhaite les avoir, à savoir jouer uniquement sur les curseurs : âge de départ et durée de cotisations nécessaire pour avoir ses droits à la retraite, le conflit m'apparaît inévitable", a-t-il déclaré jeudi sur RTL.
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Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. (F2)

"Si le gouvernement persiste à vouloir maintenir des discussions telles que le Medef souhaite les avoir, à savoir jouer uniquement sur les curseurs : âge de départ et durée de cotisations nécessaire pour avoir ses droits à la retraite, le conflit m'apparaît inévitable", a-t-il déclaré jeudi sur RTL.

M. Thibault a de nouveau plaidé pour des cotisations sociales portant "sur l'ensemble des revenus et pas seulement les revenus du travail", et appelé à une large mobilisation sur les retraites le 1er mai, qualifié de "rendez-vous crucial", estimant que "le gouvernement ne rédigera pas la même loi s'il y a énormément de monde" dans les défilés.

"Si l'on exclut comme le fait le patronat et semble-t-il le gouvernement l'appel à des ressources supplémentaires pour financer des retraites (...) ça voudrait dire" qu'il "faudrait décréter le report de l'âge de la retraite à 72 ans: c'est inimaginable", a-t-il ajouté.

"Nous nous opposerons résolument et singulièrement dès le 1er mai aux restrictions des droits des retraités actuels ou des futurs retraités ", a encore prévenu le leader de la CGT, rappelant que les salariés "paient déjà la facture avec le chômage et la pression sur les salaires".

Revoir la fiscalité
La position de M. Thibaut est largement partagée par son homologue de la CFDT. Jeudi, sur France Info, François Chérèque a assuré qu'on ne pouvait "pas jouer sur un seul paramètre" pour la réforme des retraites plaidant pour un rééquilibrage de la fiscalité au détriment des revenus du capital.

Le rapport du Conseil d'orientations des retraites (COR) "dit une chose simple": il "explique qu'on ne peut pas jouer sur un seul paramètre, que ce soit la durée de cotisation, le niveau de cotisation, le niveau des pensions", a indiqué M. Chérèque. Selon lui, cela "veut dire qu'il faudra absolument toucher le problème de la fiscalité des revenus".

"Il serait insupportable de dire que la crise soit payée uniquement par les retraités et les salariés" car "en France on a une inégalité forte" entre la fiscalité du travail et celle du patrimoine, a souligné le leader de la CFDT.

"Selon la composition de la famille, on paie 2 à 3 fois plus d'impôt sur les revenus du travail que sur les revenus de la bourse, donc il est normal dans un débat comme celui-là, d'avoir une équité sur les revenus et la fiscalité, donc un rééquilibrage entre fiscalité du travail et du capital", a-t-il ajouté. Le levier de l'âge de départ à la retraite "est une question qu'il faudra toucher à la fin", poursuit M. Chérèque, car les retraites sont "un problème de la société, et le reflet de toutes les injustices de la société".

Des estimations... dignes de "Nostradamus"

De son côté, le leader de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, a critiqué mercredi les prévisions du COR, destinées à "faire peur aux gens" et qui "vont servir à la propagande gouvernementale". En estimant le besoin de financement annuel du système de retraite à l'horizon 2050 dans une fourchette de 72 à 115 milliards, le COR "fait comme si on ne va rien changer dans la répartition des richesses et de la fiscalité", a expliqué le secrétaire général de FO sur Radio Classique.

"Faire des propositions pour 2050, ce n'est pas sérieux, c'est Nostradamus". "Personne n'est capable de faire des prévisions à 50 ans. Deux ans avant la crise on ne savait pas qu'il allait y avoir la crise, il va y avoir huit présidentielles d'ici là, on se calme, on peut régler le problème", a préconisé M. Mailly ajoutant "Je ne vois pas au nom de quoi, parce que l'espérance de vie augmente, on devrait obligatoirement travailler davantage", a estimé le leader de FO qui rappelle que "l'espérance de vie en bonne santé est estimée à 63 ans".

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