Xavier Dupont de Ligonnès : "J'ai la conviction intime qu'il est vivant et qu’il se cache quelque part", confie un de ses amis d'enfance

Dix ans après la disparition du père de famille et la découverte du corps de sa femme et de leurs quatre enfants, l'écrivain Bruno de Stabenrath publie un livre sur cette affaire non élucidée. Il revient notamment sur l'enseignement religieux suivi par Xavier Dupont de Ligonnès, "la genèse du mal" selon lui.

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Des images de vidéo surveillance montrant Xavier Dupont de Ligonnès retirer de l'argent à Roquebrune-sur-Argens le 14 avril 2011 diffusées sur la chaîne de télévision italienne RAI TV. (THOMAS COEX / AFP)

Xavier Dupont de Ligonnès est-il mort ou vivant? Dix ans après la découverte des corps de sa femme et de ses quatre enfants enterrés sous la terrasse de leur maison, le mystère reste entier autour de la "tuerie de Nantes"."J'ai la conviction intime que Xavier est vivant et qu’il se cache quelque part", confie mercredi 21 avril, sur franceinfo, Bruno de Stabenrath, écrivain et ami d'enfance de Xavier Dupont de Ligonnès et auteur de L’Ami impossible. Le père de famille est le principal suspect de ce quintuple meurtre non élucidé.

franceinfo : comment vivez-vous le fait que cette histoire ne soit plus vraiment la vôtre et qu'elle soit devenue un peu celle de tous les Français qu'elle passionne ?

Bruno de Stabenrath : Je recherche toujours la vérité et la justice dans cette affaire. Pour l'instant, on n’a pas encore rendu justice à Agnès et ses quatre enfants. J'ai la conviction intime que Xavier est vivant et qu’il se cache quelque part.

Je pense que s'il était mort, s’il s’était suicidé par exemple, on aurait fini par retrouver son corps au bout de dix ans.

Bruno de Stabenrath, ami d'enfance de Xavier Dupont de Ligonnès

à franceinfo

La sortie de mon livre alors qu’on commémore ce triste anniversaire, les dix ans de cette tragédie, va, je l’espère, faire bouger les lignes. Pour moi, plus on en parle et mieux c’est parce que cela va peut-être inciter des personnes à se confier. Car le départ de Xavier de Nantes le 10 avril, sa disparition des écrans radars pose toujours des questions aujourd’hui. Où se cache-t-il ? Est-il protégé par quelqu’un ?

D’où ce besoin d'écrire vous-même est-il né ? Du fait de lire trop de choses écrites par des personnes extérieures à ce dossier ?

Non, pas du tout. Tout d'abord c’est mon métier. Et puis, quand l'affaire a éclaté il y a dix ans, j’ai éprouvé le besoin de comprendre. Comment Xavier avait-il pu devenir un tueur ? Pendant dix ans, il a donc fallu que je rencontre des gens, que j'enquête à partir des dossiers de police. Pour moi, il était important de clarifier cette histoire, de remonter dans notre jeunesse et à la genèse du mal. Je me suis demandé par exemple si l'enseignement religieux dispensé par sa mère, celui du groupe de prière fermé Philadelphia, y était pour quelque chose. En tout cas, il a fallu que je décortique tout cela.

Vous avez d'une certaine manière bénéficié de l’attrait du public pour cette affaire. Cela vous pose-t-il un problème ?

Non parce que pour moi, l'enjeu est ailleurs. Il est de rendre justice aux victimes et de découvrir la vérité. Par exemple, je ne supporte pas que la mère de Xavier explique que ce ne sont pas les corps d’Agnès et ses enfants qu’on a retrouvés sous la terrasse. Pour moi c’est comme si l’on tuait cette famille une seconde fois. Il m’est aussi très pénible qu’à Noyers-sur-Serein dans l’Yonne, là où sont enterrés les enfants, il n’y ait pas de nom sur la pierre tombale. C'est un caveau anonyme. Je veux me battre contre cela.

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