Violences à Bagnolet : "Les habitants en ont marre", et "demandent plus de présence policière", raconte le maire

L'élu socialiste de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) dit avoir besoin d'aide après que quatre personnes ont été blessées par balle en trois semaines.

Le quartier de la Capsulerie à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), le 27 avril 2018.
Le quartier de la Capsulerie à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), le 27 avril 2018. (TIPHAINE LE LIBOUX / AFP)

Des élus de Bagnolet réclament des renforts policiers après une série de violences commises dans cette ville de Seine-Saint-Denis en banlieue parisienne. En trois semaines, quatre personnes ont été blessées par balles et des dizaines de voitures ont été incendiées. Le maire socialiste de la ville Tony Di Martino a dit samedi 28 avril sur franceinfo avoir besoin "d'aide" car même "les habitants demandent plus de présence policière". L'élu a rencontré le préfet vendredi et il demande un autre rendez-vous avec le ministre de l'Intérieur. 

franceinfo : Comment expliquez-vous ces violences ?

Tony Di Martino : On a un lieu de trafic important qui est connu de tous et des pouvoirs publics notamment, à la Capsulerie, et il y a visiblement des règlements de comptes sur ce site. Le préfet m'a dit que la situation était prise en considération par l'État, par les pouvoirs publics. Il y a des cars de CRS qui passent leur après-midi depuis mercredi sur le secteur de Gallieni et de la Capsulerie. [Il m'a dit aussi] que d'autres moyens seraient présents à partir de la semaine prochaine mais la question qui reste posée c'est quid du long terme ? Pour le moment, on n'a pas de réponse. On n'a pas de réponse sur la création d'un commissariat de plein exercice. On a aujourd'hui un commissariat subdivisionnaire, alors ce n'est peut-être pas ce qui va régler tous les problèmes, mais c'est important d'avoir un commissariat de plein exercice. C'est important pour la population et c'est une revendication ancienne de la municipalité.

C'est essentiellement ce que vous demandez ? Plus de présence des forces de l'ordre?

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est parfois surprenant, mais les habitants demandent plus de présence policière. Les habitants en ont marre, ils se sentent abandonnés et ils ne se sentent pas en sécurité. Ils ont besoin d'être rassurés et de se sentir en sécurité dans leur quartier, c'est le sentiment général. La ville consacre des moyens importants à ses politiques publiques, on a un centre de quartier au cœur de la Cité avec des équipes qui font un travail remarquable. On a un réseau associatif mais on a besoin de moyens.

L'ancien ministre Jean-Louis Borloo a rendu un rapport jeudi sur la politique de la ville. Il appelle à investir plutôt dans l'habitat, l'éducation ou le numérique? Cela vous semble pertinent?

Oui bien sûr, cela fait partie des priorités, c'est ce que l'on réclame. Après nous, des rapports on en a déjà connu en matière de politique de la ville, il y a des moyens importants. Par exemple à la Capsulerie on est en quartier prioritaire de la politique de la ville. Mais il faut que tout cela se traduise concrètement. On a besoin de crédit en matière de droit commun, pour les politiques culturelles, pour nos écoles. Et il va falloir que l'État en prenne conscience, mais je disais la même chose lorsque c'était le précédent gouvernement.

Avez-vous l'impression que la situation a évolué dans votre ville depuis votre élection en 2014 ?

On a obtenu des moyens policiers. L'État nous aide dans le déploiement de la vidéoprotection mais il faudrait davantage. Quand vous êtes comme Bagnolet, l'une des villes les plus endettées de France, on a besoin de moyens, de soutien. On réclame pas l'aumône mais on a besoin de moyens pour nos écoles, pour nos associations, pour nos politiques culturelles, pour nos politiques publiques en général.