"Une société qui ne protège pas ses anges-gardiens est vraiment malade" : la colère du chef des sapeurs-pompiers de Paris après le meurtre d'un des leurs

Le général Jean-Claude Gallet, patron des sapeurs-pompiers de Paris, a fait part de son indignation dans un mail adressé aux 8 500 pompiers de la brigade. 

Les sapeurs-pompiers de Paris en intervention, le 14 février 2018. 
Les sapeurs-pompiers de Paris en intervention, le 14 février 2018.  (JULIEN MATTIA / NURPHOTO / AFP)

Sans passer par la préfecture de police, son autorité de tutelle, le général Jean-Claude Gallet a partagé sa colère dans un mail envoyé aux 8 500 pompiers de Paris, après le meurtre d'un des leurs, à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), le 4 septembre dernier. 

Dans ce courriel que l'AFP a pu consulter, le patron des sapeurs-pompiers dénonce "la faible communication entre les acteurs de l'urgence qui fonctionnent avec des schémas éculés qui n'ont plus lieu d'être" et réclame "des mesures pour que cela ne se reproduise pas". Geoffroy Henry, 27 ans, a été tué par un homme qu'il était venu secourir. C'est la première fois que cela arrive depuis dix ans, selon la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. 

"Le punching-ball d'une violence irrationnelle"

"Une société qui ne protège pas ses anges-gardiens est vraiment malade", écrit Jean-Claude Gallet, avant de donner plus de détails sur le déroulement du meurtre : l'homme se dirigeait calmement vers le camion des pompiers lorsqu'il a fait demi-tour en prétextant avoir oublié sa carte Vitale. Deux pompiers l'ont alors accompagné jusqu'à sa cuisine, où il s'est saisi d'un couteau avant de se ruer sur eux et de parvenir à tuer Geoffroy Henry. 

L'équipage de deux pompiers avait été appelé par le Samu pour le transport d'un homme "agité, aux antécédents psychiatriques (schizophrène, bipolaire) et en rupture de traitement" mais sans "notion de dangerosité immédiate". Le drame découle donc d'une "demande de [leurs] moyens qui n'est pas fondamentalement justifiée et [d']une sous-évaluation du caractère dangereux" de l'agresseur, selon le général. "Le sapeur-pompier de Paris (…) n'est pas là pour être le punching-ball d'une violence irrationnelle, voire d'une haine", estime encore Jean-Claude Gallet, parlant de "la profonde tristesse, colère, indignation" des soldats du feu.

Entendu par les ministres de l'Intérieur et des Armées, le général Gallet dit vouloir "faire le tour des instances judiciaires pour mettre en place une véritable politique de tolérance zéro afin d'enrayer la hausse sans fin des violences gratuites qui visent les secours".