Une journaliste d'investigation chinoise condamnée à 7 ans de prison

Gao Yu a été condamnée pour divulgation de secrets d'Etat. Elle avait été en 1997 la première lauréate du Prix mondial de la liberté de la presse de l'Unesco. Amnesty International dénonce un "affront à la justice".

(Gao Yu avait été arrêtée fin avril 2014, ici en 2009 © MAXPPP)

La sentence a été annoncée par le tribunal qui l'a confirmée sur son compte officiel de microblogs. Gao Yu a donc été reconnue coupable "d'avoir transmis des secrets d'Etat à des étrangers". Selon son avocat, elle a juste eu le temps, "d'une voix forte",  de faire part de son intention d'interjeter appel, mais on ne lui a pas laissé l'occasion de s'exprimer davantage.

Gao Yu, ancienne rédactrice en chef-adjointe du magazine Economics Weekly, avait été arrêtée fin avril 2014, à l'approche du 25e anniversaire de la répression du Printemps de Pékin place Tiananmen. Selon l'organisation Human Rights Watch (HRW), on lui reproche d'avoir transmis à un site internet basé aux Etats-Unis un document interne du Parti communiste chinois qui prônait une répression accrue des idées démocratiques, des tentatives d'indépendance des médias et des critiques du bilan historique du PCC.

Amnesty International a dénoncé un "affront à la justice" et une "attaque contre la liberté de la presse". "Cette sentence consternante à l'encontre de Gao Yu n'est rien d'autre qu'une persécution politique flagrante. Elle est victime d'une loi sur les secrets d'Etat, arbitraire et formulée de façon vague, qui sert à réprimer les militants de la liberté d'expression."