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Un cadre de la ville de Paris accuse son employeur d'avoir entamé une procédure de licenciement abusif en raison de ses origines

Le plaignant, d'origine maghrébine, affirme être victime de harcèlement et de discrimination raciale. Il a porté plainte contre X et lancé une procédure auprès du Défenseur des droits. 

Article rédigé par
Alice Kachaner - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
L'Hôtel de Ville à Paris, le 14 août 2018. (JOEL SAGET / AFP)

Gabriel Bahous Beneddine est encore abasourdi par son licenciement, pour lequel la commission administrative paritaire de la Ville de Paris a rendu un avis favorable, le 25 juin 2019. "C'est kafkaïen. Parfois, je me demande si ce n'est pas un mauvais rêve que je fais", témoigne cet homme, qui a fait une carrière de dix-huit ans comme cadre à la mairie de Paris, émaillée de notations élogieuses. Il n'a jamais reçu aucune sanction, ni remontrance. Gabriel Bahous Beneddine affirme avoir été victime de harcèlement et de discrimination raciale. Il a porté plainte contre X le 27 août 2018, et il a lancé une procédure auprès du Défenseur des droits.

La cible de "vexations quotidiennes"

"Je fais un signalement, et six mois après, je suis licencié", affirme l'agent. Il raconte que depuis l'arrivée d'un nouveau chef, tout a dégénéré. Il l'a signalé, l'accusant de racisme. "Au fur et à mesure, j'ai été complètement placardisé, rapporte le cadre. Je n'avais plus rien à faire, j'étais court-circuité totalement, [j'étais la cible] de petites vexations quotidiennes, le refus par exemple de me serrer la main." 

Pour Gabriel Bahous Beneddine, ce rejet s'explique uniquement par ses origines maghrébines. Il en veut pour preuve cette affiche d'un groupuscule islamophobe collée sur la porte de son supérieur. "Début décembre 2018, j'ai constaté sur sa porte une affiche du 'Front de libération du cochon'", raconte-t-il. "C'est quelqu'un qui est proche, sympathisant ou membre, je ne sais pas à quel niveau, de l'extrême droite identitaire", affirme Gabriel Bahous Beneddine.

"Début décembre 2018, j'ai constaté sur sa porte une affiche du "front de libération du cochon"", rapporte Gabriel Bahous Beneddine. (DR)

L'affaire est devenue politique : elle a même été évoquée lors du conseil de Paris par Danielle Simmonet (La France insoumise) lors des questions d'actualité du 2 avril 2019. De son côté, la mairie de Paris maintient qu'il s'agit d'un licenciement pour insuffisance professionnelle. 

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