Les islamistes présumés "semblaient préparer un enlèvement", selon Squarcini

Le directeur central du renseignement intérieur affirme à "La Provence" qu'ils suivaient "un entraînement physique, dans les parcs, les bois et recherchaient des armes".

Interpellation à Couëron (Loire-Atlantique) dans le cadre d\'un coup de filet dans le milieu islamiste radical, le 30 mars 2012.
Interpellation à Couëron (Loire-Atlantique) dans le cadre d'un coup de filet dans le milieu islamiste radical, le 30 mars 2012. (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

Ils "semblaient préparer un enlèvement." Bernard Squarcini, le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), justifie ainsi l'interpellation de 17 islamistes présumés vendredi. "On bosse depuis octobre sur eux (...), explique-t-il dans une interview à La Provence samedi 31 mars. Le groupe avait été dissous depuis le 29 février et les avoirs de 26 d'entre eux ont été gelés mais ils continuaient à suivre un entraînement physique, dans les parcs, les bois et recherchaient des armes."

Ces 17 personnes, dont la garde à vue a été prolongée samedi, ont été interpellées dans plusieurs régions, un peu plus d'une semaine après la mort de Mohamed Merah, le tueur au scooter. Parmi les interpellés figure Mohamed Achamlane, leader du groupe Forsane Alizza.

Arsenal impressionnant

Des armes ont également été saisies. "Nous avons retrouvé un lot impressionnant de kalachnikovs à Marseille", a souligné Bernard Squarcini, ajoutant que les policiers avaient découvert "beaucoup d'ordinateurs, des puces, de l'armement, de l'argent, 10 000 euros en petites coupures, quatre kalachnikovs, huit fusils, sept ou huit armes de poing, un Taser, des bombes lacrymogènes..."

Comment se sont-ils procuré cet arsenal ? "Sur le financement, on attend encore qu'ils s'expliquent", indique Bernard Squarcini. Selon Reuters, qui cite deux sources proches de l'enquête, les kalachnikovs saisies lors des perquisitions étaient "démilitarisées", c'est à dire hors d'usage. En revanche, les armes de poing, dont certaines de gros calibre, étaient opérationnelles.

"Certains pratiquaient le paintball, d'autres faisaient du jogging"

Le patron de la DCRI précise que les personnes interpellées "sont des Français qui s'entraînent sur le territoire. Il y avait des séances collectives d'aguerrissement, avec un discours très violent, un endoctrinement religieux". Et d'ajouter : "Certains pratiquaient le paintball, d'autres faisaient du jogging."

Bernard Squarcini insiste : "C'est un groupe constitué d'une véritable dangerosité (...). Ce qui était important à leurs yeux, c'était de se structurer de façon solide."