Sécurité du marché de Noël de Strasbourg : "Ce n'est pas un aéroport, il n'y a pas de portique"

Le premier adjoint au maire de Strasbourg assure que le dispositif de sécurité autour du marché de Noël était adapté et que le risque zéro n'existe pas.

Alain Fontanel, premier adjoint au maire de la ville de Strasbourg.
Alain Fontanel, premier adjoint au maire de la ville de Strasbourg. (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)

"Il y a un dispositif de sécurité qui vise à réduire les risques, ce n'est pas un aéroport", a expliqué Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg jeudi 13 décembre sur franceinfo après l'attentat qui a frappé le marché de Noël de la ville mardi soir. "Quelqu'un, bien qu'il puisse ouvrir son sac ou être fouillé, peut éventuellement cacher une arme", a affirmé l'élu en charge de la coordination de "Strasbourg, capitale de Noël".

franceinfo : Est-ce que vous savez comment le terroriste a pu déjouer les contrôles ?

Alain Fontanel : Il y a une ambiguïté dans la manière de présenter le dispositif. Ce n'est pas un aéroport. C'est un cœur de ville où il y a des milliers de personnes qui rentrent et sortent toutes les heures pendant un mois. Il y a un dispositif de sécurité qui vise à réduire les risques. Mais on ne passe pas par un portique. C'est l'ensemble du dispositif de sécurité qui doit être pris en compte, les fouilles, la vidéo-surveillance, la présence de militaires, de profileurs qui recherchent en fonction du comportement des personnes suspectes. De toute manière, maintenant il faut laisser la police judiciaire faire son travail.

Quand est-ce que le marché de Noël va rouvrir ?

On aurait souhaité qu'il rouvre dès ce jeudi, très vite, mais il faut permettre aux forces de police de se concentrer sur leurs tâches principales : la sécurisation de la ville et la traque du fugitif. Il y a beaucoup de forces supplémentaires qui sont arrivées mercredi et qui arrivent encore jeudi. On souhaite pouvoir le rouvrir peut-être dès vendredi, mais il faut le faire en étroite coordination avec la préfecture et le ministère de l'Intérieur.

Est-ce que la vie reprend tout doucement à Strasbourg ?

Oui. Les écoles rouvrent, dans la journée il y aura des spectacles, des concerts déjà programmés vont pouvoir être tenus. Mercredi nous avions souhaité que les villes soient en deuil, dans le respect de la mémoire des victimes et des familles. Maintenant peu à peu la vie reprend ses droits mais évidemment il y a un choc et beaucoup de Strasbourgeois restent tétanisés par ce qui est arrivé. Il y a un élan extraordinaire de solidarité dans la ville. À midi jeudi, le maire va rassembler l’ensemble des forces vives, les milieux économiques, sportifs, culturels pour voir comment notre ville peut dépasser ce choc et cette violence terrible.

Craignez-vous que les touristes aient peur de revenir ou qu'ils quittent la ville ?

Il y a un risque, c'est évident après ce qu'il s'est passé, comme dans d'autres villes, mais après il faut remonter la pente, d'autres l'ont fait et nous le ferons. Au-delà d'un évènement aussi touristique aussi important, c'est aussi l'affirmation d'une tradition, de valeurs, d'un mode de vie que nous allons défendre et continuer de défendre. Ce marché de Noël a 450 ans, depuis le Moyen Âge il n'y a qu'une seule année où il ne s'est pas tenu, c'était au moment de l'occupation nazie. Il faut pouvoir recommencer, continuer et résister.