Professeur décapité : la mosquée de Pantin explique "regretter" d'avoir relayé la vidéo mettant en cause l'enseignant

Le père d'une élève avait appelé à la mobilisation dans plusieurs vidéos contre Samuel Paty, après un cours d'éducation civique où le professeur avait montré des caricatures de Charlie Hebdo.

Article rédigé par
Jérôme Jadot - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Vidéo postée le 9 octobre sur la page Facebook de la grande mosquée de Pantin montrant l'homme mis en examen mettant en cause Samuel Paty. Ce post a depuis été supprimé.  (CAPTURE D'ÉCRAN)

Quelle responsabilité pour ceux qui ont diffusé des messages pointant du doigt Samuel Paty, l'enseignant décapité vendredi 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine ? Cette question est au cœur de l'enquête avec la garde à vue notamment du parent de l’élève qui avait appelé à se mobiliser contre le professeur d'histoire. Parmi ceux qui avaient relayé une de ses vidéos, la mosquée de Pantin est aujourd'hui dans l'embarras. Son recteur dit "regretter" de l'avoir fait.

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C'est sur son compte Facebook que la grande mosquée de Pantin a partagé cette vidéo le 9 octobre, le recteur M'hammed Henniche avait donné son feu vert. "Dans cette vidéo, il n’y a aucun appel à la haine, et aucun appel contre cet enseignant", explique-t-il.

Interpellé par le récit du père

Sauf que selon Jean-François Ricard, le procureur général du Parquet national antiterroriste (Pnat), dans les deux vidéos publiées par le père de l’élève avant le 9 octobre, celui-ci appelle bien à la mobilisation contre le professeur ou incite à "dire stop". M'hammed Henniche explique avoir été interpellé par le récit de cet homme : "Ce ne sont pas les caricatures qui nous ont choqués mais quand on voit dans cette école qu'on dit: 'Vous êtes musulmans, levez le doigt', ça c’est choquant, ça ne peut pas fonctionner."

Commentaire de la vidéo postée le 9 octobre sur la page Facebook de la grande mosquée de Pantin, donnant l'identité de Samuel Paty et le nom du collège où il enseignait. (CAPTURE D'ÉCRAN)

Sauf que là encore, l'enseignant a selon le parquet antiterroriste contesté avoir demandé aux élèves musulmans de s'identifier. M'hammed Henniche dit aujourd'hui regretter : "A posteriori, vu ce qu’il s’est passé on regrette de l’avoir publiée. On est en train de voir comment à l’avenir prendre un peu de recul avant de s’emballer sur des choses comme ça." 

Dans les heures qui ont suivi l'assassinat de Samuel Paty, la grande mosquée de Pantin a supprimé le message vidéo. Elle a condamné l'attentat, puis appelé à se joindre aux rassemblements d'hommage.

Le reportage de Jérôme Jadot sur les regrets des responsables de la mosquée de Pantin
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