Assassinat de Samuel Paty : un rapport pointe la réactivité de l'institution mais un défaut de surveillance des réseaux sociaux

Ce rapport de l'inspection générale de l'Education nationale sur l'enchaînement des faits a été rendu public jeudi soir. 

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Devant le collège du Bois d'Aulne, au lendemain de l'assassinat de Samuel Paty, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), le 17 octobre 2020.  (SAMUEL BOIVIN / NURPHOTO / AFP)

Il remonte le déroulé des évènements avant ce fatidique 16 octobre. Un rapport de l'inspection générale de l'Education nationale, rendu public jeudi 3 décembre, se penche sur les faits survenus dans le collège de Samuel Paty avant son assassinat. S'il confirme la réactivité de la prise en charge de l'institution, il souligne un défaut de surveillance des réseaux sociaux.

"La reconstitution du déroulement des faits tend à montrer que, tant au niveau de l'établissement qu'aux niveaux départemental et académique, les dispositions ont été prises avec réactivité pour gérer le trouble initialement suscité par le cours sur la liberté d'expression de Samuel Paty", écrit l'inspection générale de l'Education.

La principale du collège a réagi rapidement

Au début du mois d'octobre, ce professeur d'histoire-géographie de 47 ans avait montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet, lors d'un cours sur la laïcité, qui avait créé la polémique auprès de certains parents. Dix jours plus tard, à la veille des vacances, il a été assassiné par un jeune d'origine tchétchène, radicalisé, âgé de 18 ans.

La principale du collège du Bois d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), "a accompagné le professeur dès le lendemain mardi quand elle a recueilli une première réaction d'une mère d'élève" et a alerté l'académie "dès le jeudi 8 avant même d'avoir rencontré le père de l'élève et l'individu qui l'accompagnait", souligne le rapport.

Au sujet de l'entretien que Samuel Paty a eu avec le référent académique laïcité, la principale et la conseillère d'éducation, l'inspection explique que dans un premier temps, l'enseignant a eu "du mal à percevoir qu'en proposant aux élèves de sortir, il a fait une erreur, il pense qu'en cela son comportement est conforme aux principes de la laïcité".

Samuel Paty a ensuite "reconnu une maladresse, dans la mesure où ce qui était pensé comme un moyen de protéger les élèves a finalement froissé", poursuit l'inspection, précisant que "lors de l'entretien, il est redit qu'il n'a pas demandé explicitement aux élèves musulmans de sortir mais qu'ils se sont sentis désignés implicitement".

"Il y a eu une bonne réactivité et des réflexes professionnels, de la part de Samuel Paty, de la principale du collège et des différents acteurs dont les équipes 'Valeurs de la République' de l'académie de Versailles. Le soutien de l'institution au professeur semble avoir été total", affirme le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, dans une interview au Figaro (article abonnés).

"Faire monter en puissance des cellules de veille des réseaux sociaux"

Mais le rapport de 22 pages pointe aussi des faiblesses, dont ce manque de surveillance des réseaux sociaux. Après les cours de Samuel Paty, la polémique, via notamment la vidéo du père d'une élève, a été particulièrement relayée sur Facebook et Twitter. Mais le rapport note que l'alerte a été donnée "par des parents d'élèves ou par un professeur".

L'inspection générale de l'Education nationale estime qu'il "apparaît nécessaire de mettre en place ou de faire monter en puissance des cellules de veille des réseaux sociaux". Elle revient aussi sur les échanges d'informations et recommande d'"accroître la fluidité et la réciprocité des échanges d'information entre les différents échelons des services du ministère de l'Education nationale et ceux du ministère de l'Intérieur de façon, notamment, à permettre une évaluation du degré de gravité d'un événement".

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