13h15, France 2

VIDEO. L'assaut qui a mis fin à l'attaque terroriste dans un supermarché de Trèbes après le geste héroïque d'Arnaud Beltrame

"Mort pour la patrie. Jamais la France n’oubliera son héroïsme, sa bravoure, son sacrifice", a dit Gérard Collomble, ministre de l’Intérieur (2017-2018,) en rendant hommage à Arnaud Beltrame. Le gendarme avait pris la place de l'otage aux mains du terroriste qui a semé la mort dans l'Aude, le 23 mars 2018… Extrait du magazine "13h15 le dimanche".

"J’apprends que le colonel Beltrame vient de se substituer au dernier otage, et là, c’est comme si vous prenez un uppercut au foie, se souvient le colonel Sébastien Gay, ancien commandant du groupement de gendarmerie de l’Aude. J’ai un moment d’arrêt, c’est très particulier. C’est un collègue, un ami, quelqu’un qu’on connaît. Il n’a demandé à personne avant d’y aller, mais il l’a fait car il pensait pouvoir influer positivement sur la crise. Et aussi parce que c’était intolérable pour lui qu’il puisse y avoir une victime supplémentaire. Une victime civile. Pour lui, cela mettait un terme à la crise. Après, c’était une affaire entre terroriste et gendarmes, entre soldats."

Le 23 mars 2018, la France est une nouvelle fois confrontée au terrorisme. Un homme inscrit au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) sème la mort dans les rues de Carcassonne puis dans un supermarché de Trèbes, dans l’Aude. Le terroriste y retient des otages. Des gendarmes arrivent à les exfiltrer, mais l’homme retient encore une femme sous la menace de son arme. Arnaud Beltrame prend alors sa place. L’antenne locale du Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) de Toulouse se positionne autour de la pièce où sont enfermés le gendarme et le terroriste. Elle doit attendre les unités du GIGN national qui ont décollé de Paris à bord de trois hélicoptères pour préparer un assaut à leur arrivée.

Le gendarme aurait crié pour demander un assaut d’urgence, sans être entendu

Le négociateur du GIGN basé à Satory, en région parisienne, prend la main en attendant l’arrivée des unités dépêchées sur place. De l’intérieur de la salle des coffres du supermarché, le colonel Beltrame parvient à le joindre avec son téléphone portable. Il relaie les revendications du terroriste et réussit à donner quelques informations, notamment sur la présence d’explosifs. Le huis clos dure près de deux heures et la situation semble sous contrôle… quand peu après quatorze heures : "Je suis à l’extérieur, à côté de la porte de la station-service, quand on entend à la radio que des coups de feu ont été tirés, raconte le colonel Gay. Il se trouve que je suis en ligne avec le directeur de la gendarmerie qui donne l’ordre de l’assaut. Je transmets l’ordre d’assaut au commandement de l’antenne du GIGN."

Peu d’informations ont filtré sur ce qu’il s’est passé dans les secondes qui ont précédé cet instant. Il semblerait qu’une dernière communication ait été établie entre le négociateur du GIGN, Arnaud Beltrame et le terroriste. Une lutte aurait ensuite commencé entre les deux hommes. Le gendarme aurait crié pour demander un assaut d’urgence, sans être entendu, ni par le négociateur ni par les unités en position derrière la porte de la salle des coffres. Les coups de feu retentissent à l’intérieur, ce qui précipite l’assaut d’urgence du GIGN de Toulouse. Face au risque d’explosifs, ses hommes mettent près de dix minutes à rentrer dans la pièce. "L’assaut est très compliqué à monter, la configuration des lieux étant très défavorable… Avant d’envoyer cinq ou dix hommes dans une pièce potentiellement piégée, il faut prendre un certain nombre de précautions", explique le militaire. Une fois à l’intérieur, le terroriste est abattu. Un membre du GIGN est gravement blessé. Arnaud Beltrame gît au sol. Le gendarme a été touché par deux balles, dans la jambe et le bras, tirées par son geôlier, puis égorgé. Il décède le lendemain, à l’âge de 44 ans.

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