VIDEO. Marche du 11 janvier 2015 : "C’est un moment qui est resté éphémère", raconte "l'homme au crayon"

"Nos parents ont le souvenir de Mai 68, nous on aura le souvenir de ce rassemblement", explique Charles Bousquet, 25 ans.

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Que reste-t-il de "l'esprit du 11 janvier" ? Trois ans après le gigantesque rassemblement en réaction aux attentats de Paris en janvier 2015, franceinfo a interrogé "l'homme au crayon". Ce jour-là, Charles Bousquet, 25 ans, est resté plusieurs heures debout sur la statue de la place de la Nation, crayon géant à la main. Sa photo fera le tour du monde. "Nos parents ont le souvenir de Mai 68, nous on aura le souvenir de ce rassemblement", lance-t-il en janvier 2018.

"'Je suis Charlie' a été sali"

Trois ans après, dans un café parisien, le comédien de 25 ans se replonge dans les souvenirs de cette journée historique. "A la base, je voulais monter sur un arbre, mais je n’y suis pas arrivé. Et donc je suis monté sur cette statue. C’était vraiment la meilleure place pour assister à cet événement", se rappelle-t-il.

Quand on chantait 'La Marseillaise', je prenais le crayon. Les gens levaient les bras et moi je levais le crayon. Et à un moment, il y a eu cette photo.

Charles Bousquet

à franceinfo

L'image, capturée par Stéphane Mahé, photographe à l'agence Reuters, fera la une du Monde, du Times ou encore de La Reppubblica dès le lendemain. Si le cliché est bien gardée dans la bibliothèque des parents de Charles, le comédien ne se fait pas d'illusion sur l'ampleur de ce mouvement collectif. "On ne va pas se mentir, c’est un moment qui est resté éphémère", explique-t-il. Vous voyez ce qui s’est passé pour la nuit du Nouvel An, la policière qui a été tabassée." Une allusion à l'agression d'une policière à Champigny-sur-Marne, la nuit du 31 janvier 2017. "'Je suis Charlie', ça a été assez sali", conclut-il.

Des manifestants, place de la Nation à Paris, le 11 janvier 2015.
Des manifestants, place de la Nation à Paris, le 11 janvier 2015. (STEPHANE MAHE / REUTERS)