Indemnisation des victimes du terrorisme : "Le bon rythme c'est celui de chaque victime"

Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d'attentats ou d'accidents collectifs (FENVAC), a réagi, lundi sur franceinfo, à l'occasion de la Conférence internationale des victimes d’attentats, de catastrophes naturelles et d’accidents collectifs, à Paris.

Un hommage a été rendu aux victimes de l\'attaque contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2017, place de la République à Paris.
Un hommage a été rendu aux victimes de l'attaque contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2017, place de la République à Paris. (MAXPPP)

La Conférence internationale des victimes d’attentats, de catastrophes naturelles et d’accidents collectifs s'est tenue, lundi 9 janvier, au siège de l'Unesco à Paris. À cette occasion, la France a souhaité que soit élaborée "une politique internationale de l'aide aux victimes". Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d'attentats ou d'accidents collectifs (FENVAC), a expliqué, lundi sur franceinfo, que  "l'indemnisation, cela prend du temps. Le bon rythme, c'est celui de chaque victime".

franceinfo : Est-ce que toutes les victimes ont besoin du même type d'aide ?

Stéphane Gicquel : La première qualité de l'aide aux victimes, c'est l'humilité. Toutes les victimes sont dans des situations très différentes. Il ne faudrait pas les mettre dans des grilles, parce qu'on les déshumaniserait. Le propre du terrorisme est de déshumaniser. Il faut réintroduire de l'humain et être à l'écoute des besoins. Il ne faut pas faire un système mondial de l'aide aux victimes. Il faut définir des standards et des bonnes pratiques à l'échelle mondiale.

Est-ce que le statut de la victime se pose ?

Les attentats, dans leurs formes actuelles, évoluent vers un terrorisme de masse. Nous n'avons pas la même reconnaissance des blessures psychiques ou de l'indemnisation dans tous les pays. Même en France, on doit aller plus loin que l'indemnisation. On doit raisonner en termes de réinsertion sociale. Derrière l'aide aux victimes, il y a le regard de la société sur ces victimes.

Les délais d'indemnisation sont-ils aussi au cœur des questionnements ?

On veut toujours aller plus vite avec les meilleures intentions. Nos responsables politiques vont avoir besoin de statistiques pour montrer que l'on a résolu X dossiers en X mois. Mais il faut avoir le courage d'affirmer que l'aide aux victimes s'inscrit dans la très longue durée. L'indemnisation, cela prend du temps pour évaluer toutes les conséquences de l'acte de terrorisme. Il faut se méfier des fausses bonnes idées, selon lesquelles il faut aller vite. Il faut aller au bon rythme. Le bon rythme, c'est celui de chaque victime.