Téléfilm de France 2 sur le Bataclan : "C'est exploiter un peu la douleur des gens, on est vraiment choqués"

France 2 prépare un téléfilm qui a pour toile de fond l'attentat du Bataclan le 13 novembre 2015, à Paris. Le père de Marie, tuée dans l'attaque, dénonce ce choix  qu'il juge "malsain" au moment où "la blessure n'est pas encore fermée". 

La plaque commemorative en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015. 
La plaque commemorative en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015.  (MAXPPP)
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franceinfoRadio France

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Le tournage de Ce soir-là, téléfilm de France 2 évoquant la rencontre amoureuse d'un homme et d'une femme pendant l'attentat du Bataclan, vient de s'achever. Si la date de diffusion n'a pas encore été communiquée, il suscite la polémique.

"Les familles n'ont pas été prévenues"

Plusieurs familles de victimes de l'attaque terroriste, qui a fait 90 morts, dénoncent cette initiative. Une pétition, qui recueillait près de 32 000 signatures jeudi 28 décembre, a notamment été lancée début décembre par la veuve d'une victime.

"La blessure n'est pas encore fermée. Quelque part, c'est un peu exploiter la douleur des gens. C'est un buzz, c'est du commercial. On est vraiment choqués", a témoigné au micro de France Bleu Lorraine Nord, Maurice Lausch, le père de Marie, tuée au Bataclan avec son petit ami Mathias.

"Ce qu'on ne comprend pas, c'est pourquoi les familles n'ont pas été prévenues. La moindre des choses aurait été de demander aux familles si elles étaient prêtes à supporter ce type de projection", a poursuivi le père de famille en colère.

"C'est vraiment malsain"

"Le procès n'est même pas terminé. Les juges sont en train de travailler sur les procédures, les ramifications, a expliqué Maurice Lausch. Je trouve que c'est vraiment malsain de faire une approche comme celle-ci alors que tout n'est pas encore compris, bouclé au niveau judiciaire."

Dans un communiqué, France 2 s'est défendu et a expliqué que c'est son "rôle de service public que d’interroger avec intelligence et humanisme, et sans tabou, notre société par le prisme de la fiction". La chaîne a assuré ne pas aborder le thème "de façon voyeuriste ou encore irrespectueuse".