Projection des images et des extraits sonores de l'attentat au Bataclan lors du procès : "C'est indispensable", estime une avocate de parties civiles

L'audience vendredi est marquée par la diffusion de photos et d'enregistrements sonores pris à l'intérieur de la salle du Bataclan. 

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Radio France
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Salle d'audience du procès des attentats du 13 novembre 2015. (JULIEN MICHEL / RADIO FRANCE)

"On est là pour juger des faits, des faits extrêmement graves et il faut pouvoir décortiquer ces faits et en prendre la pleine mesure", a expliqué vendredi 17 septembre sur franceinfo, maître Virginie Leroy, avocate d’une cinquantaine de parties civiles, alors que des images et des sons de l'attentat du 13 novembre au Bataclan sont projetés lors du procès qui se tient à Paris. "Lorsqu'on a vécu ces événements très traumatiques, il y a parfois un black-out et une des vertus de l'audience, c'est de permettre aux victimes de reconstituer leur mémoire, même si c'est douloureux", a estimé Virginie Leroy.

franceinfo : En quoi est-ce indispensable, utile à la justice de raconter et de montrer tous ces détails des attentats du 13 novembre ?

Virginie Leroy : C'est effectivement indispensable. Oui, c'est dur. C'était très émouvant. On est là pour juger des faits, des faits extrêmement graves et il faut pouvoir décortiquer ces faits et en prendre la pleine mesure. Ce n'est pas usuel de voir des policiers qui ont de l'expérience être aussi émus à la barre. Je tiens à saluer le travail et l'humanité de ces fonctionnaires de police qui sont admirables. L'humain sera du début jusqu'à la fin ce procès. Les mots qui sont revenus dans la bouche de ces officiers de police : sidération et le mot scène de crime s'est rapidement transformé en scène de guerre, parce que c'est exactement ça.

Après le procès des attentats de janvier 2015, la justice a tiré les leçons sur ce qu'il fallait montrer ou pas aux victimes et parties civiles. C'est important ?

Oui, car les scènes sont violentes. On sait que ce n'est pas un film, on sait que ce sont des images réelles. C'est d'une extrême violence qu'on voit les kamikazes arriver avec cette détermination mortifère sur les terrasses. Ce sont des images qui sont extrêmement choquantes. D'entendre ces tirs. C'est très éprouvant. Les victimes, la salle en général, sont averties quelques minutes avant, pour que ceux qui le souhaitent puissent sortir.

Concernant le témoignage de Salah Abdeslam, le principal accusé des attentats du 13 novembre 2015 qui a expliqué qu'il n'y avait rien de personnel dans la commission de ces attentats. Comment ça a été perçu ?

Les propos de Salah Abdeslam ont été choquants et difficilement audibles quand il vient justifier ces faits en disant qu'il n'y a rien de personnel. Comment voulez-vous entendre ça ? Évidemment que c'est personnel. On a vu des charniers, on a vu des scènes d'une atrocité indescriptible. Les gens qui sont dans la salle ont vécu ces moments, ont perdu un proche, donc tout est personnel. Salah Abdeslam justifie ça comme une guerre alors qu'il s'est attaqué à des civils. Donc ça ne passe pas.

Montrer ces images-là, écouter ces sons du Bataclan, c'est une manière de dire que c'est personnel et humain ?

Bien entendu. C'est une façon de dire, voilà ce qui s'est passé, voilà les faits sur lesquels vous avez une responsabilité. Lorsqu'on a vécu ces événements très traumatiques, il y a parfois un black-out et une des vertus de l'audience, c'est de permettre aux victimes de reconstituer leur mémoire, leur histoire et c'est très important, même si c'est douloureux.

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