Procès du 13-Novembre : "Je veux que les victimes sachent", témoigne Sonia, qui a dénoncé le terroriste Abdelhamid Abaaoud

Cette mère de trois enfants a dû tirer un trait sur sa vie d'avant. Mais elle "ne regrette pas".

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Radio France
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Silouhette de femme (illustration). (DENNIS AGLASTER / EYEEM / GETTY IMAGES)

"Je veux que les victimes sachent réellement ce qu’il s’est passé", témoigne lundi 13 septembre au micro de franceinfo Sonia, témoin-clé qui a appelé la police et qui a permis de localiser Abdelhamid Abaaoud, un des terroristes des attentats des terrasses et du Bataclan. Elle a dû changer d’identité, déménager et "se récréer une vie" : "Est-ce que ça s'appelle vivre ? Je dirais plutôt, survivre."

Sonia sera entendue dans le cadre du procès du 13-Novembre, malgré les risques qu'elle encourt. Elle souhaite venir témoigner au procès "pour les victimes". "Je veux que les victimes sachent réellement ce qui s'est passé. Je veux que les victimes sachent à qui elles avaient affaire. Je veux que ceux qui ont fait du mal assument le mal qu'ils ont fait."

"Que tout le monde puisse faire son deuil"

"Il faut que tout le monde puisse faire son deuil, et correctement, estime Sonia. On ne peut pas remplacer une vie. On ne peut pas remplacer un enfant qu'on a perdu. On ne peut pas remplacer une maman qu'on a perdu. On ne peut pas remplacer un bras qu'on a perdu, une jambe qu'on a perdu."

Aujourd'hui, sa vie est bouleversée, mais Sonia "ne regrette pas", même si elle estime qu'elle n'est pas suffisamment aidée. "J'ai changé d'identité, j'ai déménagé. Je me recrée une vie avec leurs règles, leur 'légende'... Et puis voilà, il faut s'y faire. Personne ne peut réussir à vivre comme ça. On ne vous donne pas les moyens d'y arriver, et en plus, on vous invente une histoire qui n'est pas la vôtre. Moi, j'aurais aimé que l'Etat m'aide à disparaître complètement. Qu'on n'entende plus jamais parler de moi. Arriver dans une vie où tout était prêt, où je serais arrivée, j'aurais posé mes affaires, j'aurais pu aller travailler, j'aurais pu vivre."

"Je n'en veux pas qu’à l’État. J’en veux à ces gens qui n’ont rien dit, qui ont caché, qui ont laissé faire."

Sonia

à franceinfo

Trois jours après les attentats, le 16 novembre 2015, elle a appelé le 17 "pour éviter que d'autres personnes soient tuées". "J'étais perturbée, traumatisée, écœurée", poursuit-elle. La veille, elle a croisé Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur des attentats, celui que tout le monde traque, en contrebas d'une autoroute, caché dans un buisson. Deux jours plus tard, le terroriste est neutralisé avec un complice, Chakib Akrou, et sa cousine Hasna Aït Boulahcen, dans un assaut du Raid sur leur planque, à Saint-Denis.

13-Novembre : le témoignage de Sonia, qui a dénoncé le terroriste Abdelhamid Abaaoud - Gaële Joly
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