Procès des attentats du 13-Novembre : des psychologues seront présents pour assister voire "extraire", les personnes "en souffrance"

L'association "Paris aide aux victimes" a été missionnée pour assurer un soutien psychologique aux parties civiles tout au long du procès.

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Radio France
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La salle équipée spécialement pour le procès des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. (BRUNO COUTIER / BRUNO COUTIER)

"Douze psychologues seront présents tout au long du procès" des attentats du 13 novembre, a indiqué Carole Damiani, psychologue, mercredi 8 septembre sur franceinfo. Son association 'Paris aide aux victimes' a été missionnée pour assurer un soutien psychologique tout au long du procès des attentats du 13 novembre. Les psychologues seront présents dans la salle d'audience et proposeront un lieu d'écoute.

franceinfo : Comment allez-vous travailler pour assurer ce soutien psychologique tout au long de ce procès qui va durer neuf mois ?

Carole Damiani : Pour les rescapés ou les familles, il est important qu'elles trouvent un lieu d'écoute, une oreille qui pourra entendre ce qu'elles sont en train de vivre et notamment la réactivation de leur souffrance. Douze psychologues seront présents tout au long du procès. Ils seront dans la salle, à l'écoute, et ils vont bien regarder si des personnes sont en détresse particulière, si elles sont prostrés, si elles sont agitées, si elles sont en souffrance, de façon à les extraire, à échanger avec elles si besoin. Ce sera une espèce de fil rouge tout au long de tout au long du procès. Les victimes pourront se reposer, écouter, être écoutées et être entendues. Il y a des moments que l'on sait plus difficiles que d'autres, notamment tout le mois qui sera consacré aux témoignages des parties civiles. Ce sont des instants éprouvants pour tous et c'est pour cette raison que nous aurons une équipe renforcée pendant tout ce temps de témoignage.

Vous allez aussi les accompagner pour répondre à cette question : faut-il témoigner ?

Effectivement, il n'y a pas de réponse univoque sur le fait de témoigner ou non et sur pourquoi on le fait. Quels sont les enjeux pour chacun ? Est-ce qu'on le fait pour soi ? Pour être entendu de la part des accusés ? Pour les autres victimes ? Ensuite, on peut répondre à ces autres questions : est-ce que j'ai envie, moi ? Est-ce que j'ai suffisamment de force ? Certains me disent qu'ils ont peur de ne pas pouvoir se contrôler.

Le principal accusé, Salah Abdeslam, est pour l'instant toujours mutique. S'il refuse de s'expliquer, cela peut-il être une violence supplémentaire pour les victimes et leurs proches ?

Les familles et les victimes sont très sensibles effectivement à l'attitude des accusés, au fait de nier les faits ou de ne pas répondre. Mais attention à ne pas non plus mettre en valeur un accusé plutôt qu'un autre, comme si l'on pouvait tout attendre de lui.

Certaines des parties civiles vont suivre le procès à distance via une web radio. Un accompagnement à distance est-il prévu pour elles ?

Il est prévu une ligne téléphonique d'assistance psychologique pour ces personnes qui ne pourront pas se déplacer. L'inconvénient pour nous, c'est que nous ne pourrons pas être vigilants à ce qu'ils sont en train de vivre. Et donc, il appartient aux personnes de nous appeler. On a pris des précautions en leur disant de ne pas se laisser envahir. S'ils ne se sentent pas bien, s'ils revivent les choses avec trop d'acuité, il est préférable de faire une pause et d'arrêter à ce moment-là.

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