Mort de Fabien Clain : avant de lancer la frappe aérienne, les services de renseignements ont mené 4 jours de surveillance

Les autorités ont longtemps cru que les deux frères Clain étaient déjà morts avant de les localiser dans la zone de Baghouz, en Syrie.

Les environs de Baghouz (Syrie), le 14 février 2019.
Les environs de Baghouz (Syrie), le 14 février 2019. (DELIL SOULEIMAN / AFP)

Avant la frappe aérienne de la coalition internationale qui a provoqué la mort du jihadiste français Fabien Clain, considéré comme la voix ayant revendiqué au nom de Daech les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, et qui a grièvement blessé son frère Jean-Michel, les services de renseignements ont mené quatre jours de surveillance. Les services de renseignements savaient que Fabien Clain et son frère se trouvaient dans la région de Baghouz en Syrie.

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Le jihadiste français Fabien Clain a été tué mercredi après-midi en Syrie par une frappe de la coalition internationale et son frère, Jean-Michel, est gravement blessé. C'est au terme de ces quatre jours de surveillance qu'une frappe aérienne de la coalition a été décidée.

Il s'agit probablement d'un tir de drone américain

Le Pentagone ne donne pour l'instant aucune information sur ce tir de drone, mais on sait que 90% des frappes aériennes menées en Syrie le sont par les Américains. Seuls les Etats-Unis disposent par ailleurs dans la région de ces drones équipés de missiles. Ils partent généralement de la base aérienne d’Al-Asad, dans le centre de l’Irak.

Pendant un moment, les autorités ont cru que les deux frères étaient morts, en raison de la défaite progressive sur le terrain de Daech. Finalement, les services de renseignement ont appris que Fabien et Jean-Michel Clain étaient toujours vivants et s'étaient retranchés à Baghouz, un village de l'est de la Syrie, avec 300 à 500 autres combattants de Daech.

La zone est encerclée par les forces de la coalition

Ce dernier bastion de Daech est ciblé par une intense campagne de frappes menées par la coalition depuis une dizaine de jours, et est également encerclé par les armées régulières syrienne et irakienne, ainsi que par les Kurdes des Forces démocratiques syriennes.

La présence des frères Clain a pu être révélée par plusieurs moyens, selon le spécialiste défense de franceinfo. Grâce au renseignement humain, d'abord : les jihadistes qui se sont rendus et les civils qui ont fui la ville dernièrement ont pu apporter des informations. La "bulle aérienne" autour de Baghouz est par ailleurs totalement contrôlée par la coalition internationale : les avions et drones de surveillance ont donc pu capter tout ce qui s'y passait.