Attentats du 13 novembre 2015 : un suspect clé mis en examen à Paris, après sa remise temporaire à la France par la justice belge

Le Franco-Belge Osama Krayem a été remis par la justice belge aux autorités françaises "pour une durée d'un jour".

Lors de la comparution de Osama Krayem devant la salle du conseil à Bruxelles (Belgique), le 16 avril 2016. 
Lors de la comparution de Osama Krayem devant la salle du conseil à Bruxelles (Belgique), le 16 avril 2016.  (DIRK WAEM / BELGA MAG)

Un suspect-clé dans l'enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris a été remis, lundi 11 juin, par la Belgique aux autorités judiciaires françaises qui le réclamaient pour le mettre en examen. Osama Krayem, qui est aussi un suspect des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, a été notamment mis en examen pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste", "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et "fabrication" d'engins explosifs.

Ce jihadiste de 25 ans arrêté dans la capitale belge le 8 avril 2016, avait été remis lundi "pour une durée d'un jour (...) en vue de son audition et sa possible inculpation par le juge d'instruction à Paris", avait annoncé le parquet fédéral belge dans un bref communiqué. 

Les enquêteurs soupçonnent le jeune homme né en Suède de parents réfugiés syriens d'être un des principaux protagonistes de la cellule à l'origine des attaques de Paris (130 morts le 13 novembre 2015) et Bruxelles (32 morts le 22 mars 2016).

Son ADN retrouvé dans plusieurs caches 

Comme d'autres membres de ce groupe, Krayem avait rejoint la Syrie, à partir de 2014, avant de regagner l'Europe en profitant des routes ouvertes pour les migrants. Il avait été pris en charge dans la nuit du 2 au 3 octobre 2015 en Allemagne par Salah Abdeslam, dernier membre encore en vie des commandos parisiens, en compagnie d'un autre protagoniste de la cellule incarcéré en Belgique, Sofiane Ayari, et d'Ahmad Alkhald, son principal artificier présumé, toujours recherché.

Deux ans après son arrestation, des questions demeurent sur le rôle réel qu'il a joué. Entendu à plusieurs reprises en Belgique, il a dit tout ignorer des attaques parisiennes et démenti tout rôle dans la fabrication d'explosifs. Concernant les attaques de Bruxelles, Krayem est soupçonné d'avoir acheté les sacs utilisés pour transporter le TATP utilisé par les trois kamikazes de l'aéroport et du métro de la capitale belge.

La vidéosurveillance l'avait filmé avec le kamikaze de la station Maelbeek, Khalid El Bakraoui, quelques minutes avant l'attentat. Osama Krayem avait, lui, renoncé à "se faire exploser", expliquant aux enquêteurs belges s'être débarrassé du TATP dans les toilettes d'une planque. Son ADN a été retrouvé dans plusieurs caches belges ayant hébergé les membres des commandos de Paris, notamment dans la planque bruxelloise ayant servi d'atelier pour fabriquer des ceintures explosives utilisées à Paris.