Attentats de janvier 2015 : "Il y avait trois tueurs mais ils étaient au moins une quinzaine" derrière les attaques, affirme l'avocat des victimes

Antoine Casubolo-Ferro, avocat de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) s'est exprimé sur franceinfo, mardi, à l'occasion de la fin de l'enquête sur les attentats de janvier 2015.

Une personne tenant une pancarte pendant un rassemblement pour commémorer le second anniversaire de l\'attaque à Charlie Hebdo, le 7 janvier 2017.
Une personne tenant une pancarte pendant un rassemblement pour commémorer le second anniversaire de l'attaque à Charlie Hebdo, le 7 janvier 2017. (BERTRAND GUAY / AFP)

Près de quatre ans après les tueries de 2015, l'enquête sur les attentats contre Charlie Hebdo, de Montrouge et de l'Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts, est terminée. Un procès est prévu en 2020. Quinze personnes sont mises en examen dans ce dossier et plusieurs mandats d'arrêt ont été émis visant des suspects partis rejoindre l'État islamique en zone irako-syrienne. "Il y avait trois tueurs, mais ils étaient au moins une quinzaine" derrière les attaques, a indiqué ce mardi 20 novembre sur franceinfo Maître Antoine Casubolo-Ferro, avocat de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT).

franceinfo : C'est important d'avoir un procès pour les victimes, même si les frères Kouachi et Amedy Coulibaly sont morts ?

Maître Antoine Casubolo-Ferro : Bien sûr que c'est très important, parce qu'on va poser les responsabilités de chacun. On s'aperçoit qu'il y avait trois tueurs, mais qu'ils étaient au moins une quinzaine, selon le juge d'instruction. C'est toute une chaîne et c'est ça qu'on a besoin de comprendre. Ce sont ces gens-là que l'on va juger, qui vont prendre leurs responsabilités et être condamnés en fonction de leur responsabilité. Pour les familles, on parle souvent de reconstruction. Un attentat, ce n'est pas seulement au moment même de l'attaque, c'est avant, pendant, après. C'est toute une équipe de gens qui amène ces trois-là à tirer.

Est-ce que les familles attendent encore des réponses ?

Bien sûr. On a beaucoup de questions à poser : comment est né le projet ?  Pourquoi ces gens-là ? Pourquoi l'Hyper Cacher ? Pourquoi cette policière à Montrouge ? Est-ce qu'elle était au mauvais endroit au mauvais moment ? Cela voudrait dire que Monsieur Coulibaly avait un autre projet ? On sait qu'à Montrouge, il y avait une autre école juive qui, comme par hasard, avait les mêmes caractéristiques que celle de l'affaire Merah à Toulouse. Il y a toutes ces questions à poser.

Croyez-vous que la dizaine d'hommes mis en examen, dont l'un poursuivi pour complicité d'assassinat terroriste, ne sont que des "logisticiens" ?

Bien sûr que non, mais ce n'est pas seulement moi qui ne les croit pas, c'est le juge d'instruction. C'est quand même trois ans d'enquête. On a des éléments très concrets qui prouvent qu'ils savaient avant. Mohamed Belhoucine [qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international après être parti en Syrie quelques jours avant l'attentat de l'Hyper Cacher] on sait qu'il part avant avec Hayat Boumedienne [la veuve d'Amedy Coulibaly]. Donc, ils ne partent pas comme ça, par hasard. On sait que c'est Coulibaly qui les accompagne à l'aéroport. Ces gens savaient avant, ça ne peut pas être juste un hasard.