13-Novembre : une étude s'est penchée sur les "symptômes post-traumatiques" provoqués par les images des attentats

Même en n'étant pas sur les lieux des attentats et en ne connaissant aucune victime, les attaques du 13 novembre 2015 ont entraîné chez certains des pics de stress et des consultations.

Le Bataclan à Paris le 16 novembre 2015.   
Le Bataclan à Paris le 16 novembre 2015.    (MAXPPP)

Trois ans après les attentats du 13 novembre, à Paris et en Seine-Saint-Denis, beaucoup gardent en mémoire ces images et ces vidéos des spectateurs tentant de fuir le Bataclan, des supporters du Stade de France, des gyrophares et du ballet des secours. Tous n'ont pas vécu directement ces attaques et n'ont pas été touchés comme ceux qui ont perdu un proche, ce soir-là. Il n'empêche, ces attentats ont traumatisé, et traumatisent encore, des personnes en raison de la répétition d'images à la télévision et sur internet, selon une étude de Santé Publique France, publiée mardi 13 novembre.

Les consultations psy et les appels à SOS Médecins ont augmenté fortement les mois qui ont suivi l'attaque. "Des individus qui n'ont pas été directement exposés aux événements, c'est-à-dire qui n'étaient pas sur les lieux des attentats ou qui ne connaissaient pas de victimes, ont développé des symptômes post-traumatiques", explique Enguerrand du Roscoat, l'un des auteurs de l'étude publiée par Santé Publique France.  

Le nombre et l'intensité de ces symptômes augmentent de façon significative avec la durée d'exposition aux images des attaques dans les médiasEnguerrand du Roscoatà franceinfo

"Ce sont des gens qui risquent de désengager socialement, d'avoir moins de lien social, d'avoir des problèmes pour aller au travail ou qui vont moins s'engager dans des activités de loisirs", poursuit Enguerrand du Roscoat.

Les plus traumatisés par les images des attentats sont souvent les personnes qui étaient déjà vulnérables sur le plan psychologique. L'étude va désormais se pencher sur la façon dont ce stress post-traumatique a agi sur leur vie quotidienne, si par exemple elles se sont ensuite réfugiées dans l'alcool, le tabac ou des drogues comme le cannabis.