Témoignage Adolescent de 14 ans tué dans les Yvelines : "Je sors du gymnase et je vois un enfant au sol en train de mourir", raconte le gérant d'un club de MMA

Le drame est survenu à la fin d'un combat de MMA organisé dans un petit gymnase de Coignières : le jeune garçon a été tué lors d'une rixe dans la nuit de samedi à dimanche. Les organisateurs et les forces de l'ordre n'ont rien pu faire. 

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Le quartier des Friches, à Maurepas (Yvelines), où vivait l'adolescent, tué lors d'un affrontement dans la ville voisine de Coignières, dimanche 27 novembre 2022 (THEO BOSCHER / FRANCE BLEU PARIS)

Le choc à Coignières. Selon les premiers éléments de l'enquête, dans la nuit de samedi à dimanche dans cette petite ville des Yvelines, à l'issue d'un combat de MMA organisé dans un gymnase de la ville, vers minuit, deux bandes de jeunes se sont affrontées : celle du quartier des Friches de Maurepas, contre celle, "rivale", des Marchands de Coignières. Un adolescent de 14 ans a alors été trouvé la mort.

>> Yvelines : un garçon de 14 ans meurt lors d'une rixe à Coignières, un adolescent de 16 ans s'est rendu à la police

Un jeune homme de 16 ans s'est rendu de lui-même dimanche 27 novembre au commissariat d'Argenteuil dans le Val-d'Oise. Il s'est présenté comme l'auteur du meurtre de Djibril, 14 ans. La jeune victime, originaire de Maurepas, la commune voisine, a été frappée à la tête à coup de marteau. 

Le drame s'est déroulé devant le gymnase du Moulin à Vent, où se tenait un "gala" de combats d'arts martiaux mixtes (MMA), auquel assistaient 300 personnes, encadré avec des vigiles et des secouristes. C'est à la fin de cette soirée que des témoins qui quittaient le gymnase évoquent une rixe à l'extérieur de ces locaux, entre deux groupes d'une dizaine ou d'une quinzaine de jeunes, dont certains avaient auparavant tenté sans billet de rentrer à l'intérieur du gymnase.

La bagarre commence avec des échanges de tirs de mortiers et de feux d'artifice. Yann Lamothe, le gérant du club de MMA, appelé pour tenter de calmer tout le monde, a dû porter secours à un adolescent complètement inerte au sol. "Je sors et je vois un enfant au sol", raconte-t-il. "Je prends son pouls. Il n'y a plus de pouls. On se met à le masser et la Croix-Rouge vient en renfort. Pendant ce temps-là, d'autres appellent les pompiers. Les pompiers arrivent, prennent le relais."

"L'enfant a pris un coup de marteau dans la tête, donc évidemment, il saigne de la tête. C'est un enfant qui est en train de mourir."

Yann Lamotte, gérant d'un club de MMA

à franceinfo

"Je n'ai ni vu l'auteur, ni vu le marteau ni quoi que ce soit, précise Yann Lamotte à franceinfo. D'autres personnes l'ont vu. On avait nos agents de sécurité devant. Il y a eu des témoins... Ça appartient à la police désormais. C'est dans les mains de la police."

La victime n'était pas connue des services de police. Un autre jeune a également été blessé, plus légèrement lui. Il doit être entendu dès que ce sera possible. La police judiciaire a été chargée de l'enquête. Elle devrait être aidée notamment par la vidéo-surveillance qui équipe les alentours du gymnase. 

Tension historique entre Coignières et Maurepas 

Dans cette zone plutôt tranquilles des Yvelines, au lendemain du drame, tout le monde parle d'une rivalité "ancestrale" entre Maurepas et Coignières, ces deux petites villes qui se touchent. Ces bagarres entre jeunes, le maire de Coignières, Didier Fischer, avait pourtant le sentiment d'avoir tout fait pour les empêcher : "Ça faisait plus d'un an qu'il n'y avait plus rien, le calme était revenu", explique le maire. "On avait travaillé avec le maire de Maurepas, Grégory Garestier. Ici, j'ai embauché un éducateur. On a des animateurs qui ont fait un travail de prévention important", glisse l'élu.

"Malgré tout cela, malgré tout ce que l'on peut faire en terme de politique de la ville et puis en direction de notre jeunesse, on se retrouve malgré tout dans cette situation."

Didier Fischer, maire de Coignières

à franceinfo

Dorénavant, l'heure est à la prévention dans les deux quartiers, pour éviter un "match retour", ces revanches qui suivent souvent une rixe. Dimanche, beaucoup d'habitants craignaient des représailles : "La crainte, c'est qu'il y ai de nouvelles bagarres entre jeunes. On craint pour eux, pour nos familles, pour les gens qui circulent tranquillement dans la ville", indique cet habitant. La CRS 8, unité d'intervention spécialisée dans les violences urbaines, a été envoyée sur la zone pour prévenir d'autres violences, selon le ministère de l'Intérieur. 

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