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Seine-Saint-Denis : démantèlement d'un gang soupçonné de racketter des commerçants

Les malfaiteurs mettaient le feu aux commerces récalcitrants qui ne se soumettaient pas au racket. L'argent réclamé oscillé entre 1 500 et 5 000 euros par mois.

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Un homme dans la cité des 4 000 à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, le 12 avril 2017. (MAXPPP)

"Des méthodes mafieuses." Dix personnes ont été mises en examen, notamment pour extorsion en bande organisée dans la cité des 4 000 à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), a annoncé vendredi 18 décembre le parquet de Bobigny. Interpellés lundi et mardi, les malfaiteurs présumés ont tous été mis en examen, "des chefs d'extorsion en bande organisée, destruction par incendie ou moyen dangereux du bien d'autrui commis en bande organisée, et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime", a précisé le parquet.

Les enquêteurs sont progressivement parvenus à les identifier en reliant entre eux une dizaine d'incendies d'origine criminelle survenus depuis 2019 dans un centre commercial de la cité HLM dite des "4 000", emblématique de cette ville populaire de Seine-Saint-Denis. Ainsi, cinq des mis en cause avaient été repérés après un incendie ayant ravagé trois boutiques du centre commercial le 11 avril 2020, a retracé le parquet.

Des incendies en représailles

Les enquêteurs du commissariat local "comprenaient rapidement que ces incendies s'inscrivaient dans un contexte d'extorsions contre les commerçants, les incendies venant en représailles de commerçants n'obtempérant pas", a-t-il souligné. Le gang visait notamment des supermarchés ou des enseignes de restauration rapide. 

Les malfaiteurs exigeaient "des biens gratuits, des versements mensuels de 'loyers de paix' et allait même pour certains commerces jusqu'à imposer des 'agents de sécurité' que les commerçants devaient rémunérer pour être 'protégés' de risques créés par les malfaiteurs eux-mêmes", a détaillé le parquet. Les "loyers" exigés par les racketteurs allaient de 1 500 à 5 000 euros par mois, précise Le Parisien.

Le parquet a déploré l'impossibilité de recenser le nombre total de victimes, certaines craignant des représailles. Pendant longtemps, malgré les incendies, personne n'a osé porter plainte. "C'était l'omerta la plus complète. Le premier qui parlait, on incendiait son commerce", indique au Parisien une source proche de l'enquête. Les dix individus, résidant tous à La Courneuve, ont pour la plupart déjà été condamnés, "certains plus de 15 fois pour des faits similaires", a noté le parquet. Ce dernier a requis leur placement en détention provisoire.

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