Seine-Maritime : un appel aux dons sur Facebook, lancé par les parents d'une fillette malade, soupçonné d'être une escroquerie

Un couple de Seine-Maritime est soupçonné d'avoir utilisé une prétendue maladie de leur fille pour obtenir de l'argent via les réseaux sociaux. Les dons auraient servi à des dépenses personnelles.

La ville de Saint-Pierre-en-Val près de Dieppe, en Seine-Maritime.
La ville de Saint-Pierre-en-Val près de Dieppe, en Seine-Maritime. (GOOGLE MAPS)

Un appel aux dons lancé sur Facebook par les parents de Jeanne, trois ans, de Saint-Pierre-en-Val près de Dieppe, est soupçonné d'être "une escroquerie à la charité", a indiqué ce jeudi France Bleu Normandie. Fin octobre, le parquet de Dieppe a ouvert une information judiciaire pour escroquerie et abus de confiance. Depuis, le couple a été mis en examen, et la gendarmerie de Seine-Maritime a lancé un appel à témoins pour recenser les potentielles victimes de l'escroquerie.

L'escroquerie présumée aurait commencé en 2016, au moment où le couple a créé la page Facebook "Tous ensemble pour Jeanne", avant de créer, l'an dernier, l'association "Juste pour un sourire".

Un train de vie qui alerte les voisins

Les parents y racontent la maladie de leur fillette, une pathologie rare de l'appareil digestif, ils postent des photos de Jeanne, souvent à l'hôpital, et des devis de médecins belges, l'enfant étant suivie en Belgique. La collecte de dons s'appuie aussi sur des manifestations et des affiches dans les commerces de Saint-Pierre-en-Val.

D'après la justice, les versements reçus par les parents sont de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Face au train de vie des parents qui semblait, paradoxalement, s'améliorer, des donateurs et des voisins décident d'alerter la gendarmerie.

"Les investigations à ce stade laissent à penser que la petite ne souffre pas de la pathologie grave annoncée", a indiqué à France Bleu Normandie le procureur de la République de Dieppe, Yves Dupas. L'argent aurait donc servi aux dépenses personnelles des parents, qui démentent ces accusations.