Seine-Saint-Denis : cinq policiers de la BAC en garde à vue pour extorsion de fonds

Ils sont soupçonnés d'avoir délesté, depuis au moins deux ans, des dealers de leur marchandise et de leur argent et de s'être servis dans des scellés judiciaires.

Capture d\'écran de Google Maps pointant la ville de Stains (Seine-Saint-Denis) où des policiers de la BAC ont été interpellées pour extorsion de fonds.
Capture d'écran de Google Maps pointant la ville de Stains (Seine-Saint-Denis) où des policiers de la BAC ont été interpellées pour extorsion de fonds. ( GOOGLE MAPS)

Après l'affaire du vol de cocaïne au 36, quai des Orfèvres, la police fait face à un nouveau scandale. Cinq policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC) de Stains, en Seine-Saint-Denis, ont été interpellés et placés en garde à vue, pour extorsion de fonds en bande organisée et vols en réunion, lundi 23 mars.

Ils sont soupçonnés d'avoir délesté, depuis au moins deux ans, des dealers de leur marchandise et de leur argent et de s'être servis dans des scellés judiciaires, précise Reuters, confirmant une information du Point.fr. La drogue était ensuite revendue par des fournisseurs protégés. Selon Le Parisien, "ils se seraient également livrés à des 'perquisitions à la mexicaine', qui n'avaient jamais été ordonnées par la justice, 'en simulant un cadre légal' pour se servir chez leur victime". Les investigations porteraient également, selon le quotidien, sur des soupçons de "modification d'une scène de crime" et de consultation illégale d'un fichier informatique.

Le ministère évoque des sanctions si les faits sont avérés

"Les faits dont ils sont suspectés sont extrêmement graves. (...) Si ces faits sont avérés, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, prendra des sanctions disciplinaires d'une grave sévérité", indique un communiqué du ministère de l'Intérieur, sans détailler davantage les faits reprochés. Des perquisitions ont eu lieu au commissariat et au domicile des policiers, dans l'après-midi.

Selon Le Point.fr, les policiers n'auraient pas hésité à menacer physiquement leur hiérarchie, poussant la commissaire de Stains à demander sa mutation. Celle-ci a d'ailleurs déposé une plainte auprès du parquet de Bobigny.