Nord : la famille d'une femme, tuée en 2019 près de Lille par son ex-compagnon, porte plainte contre la police pour inaction

Tuée en 2019, Nathalie Debaillie avait pourtant déposé plusieurs mains courantes pour des menaces de mort adressées par son compagnon. La famille pointe les "dysfonctionnements" de la police. 

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Radio France
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La famille a déposé plainte contre la police auprès du ministère de l'Intérieur. (LUDOVIC MARIN / AFP)

La famille d'une femme, tuée en 2019 près de Lille par son ex-compagnon, porte plainte auprès du ministère de l'Intérieur contre la police pour inaction, rapporte mercredi 7 avril France Bleu Nord. Elle dénonce le fait qu'aucune mesure de protection n'ait été émise en place alors que la victime avait déposé trois mains courantes et une plainte pour des menaces de mort et du harcèlement dans les trois mois précédant sa mort.

La police prévenue de l'enlèvement

Le 27 mai 2019 Nathalie Debaillie est tuée à coup de cutter par son ancien compagnon. La femme de 47 ans avait été enlevée quelques heures avant par trois complices. L'auteur présumé sera jugé pour "enlèvement, séquestration et meurtre en bande organisée". Mais le frère de la victime attend des réponses pour "qu'il y ait pas d'autres Nathalie Debaillie".

Nicolas Debaillie rappelle que sa sœur avait déposé trois mains courantes et une plainte pour des menaces de mort et du harcèlement, entre février 2019, date à laquelle elle quitte son compagnon, Jérôme Tonneau, et la date du meurtre, le 27 mai. Un jour, il la suit jusqu'au sous-sol de son travail en la menaçant de la tuer. Une autre fois, c'est une image de pierre tombale qu'il lui envoie par mail. Mais aucune mesure de protection n'est mise en place. Le jour du meurtre, un témoin de l'enlèvement de Nathalie Debaillie prévient la police, qui se rend au domicile de Jérôme Tonneau. Mais ils repartent, personne n'ayant répondu à la porte. Selon Nicolas Debaillie, sa sœur était peut-être encore vivante à ce moment-là.

"Pourquoi elle n'a pas été prise au sérieux ?"

Nicolas Debaillie pointe des "dysfonctionnements". Il se demande "pourquoi elle n'a pas été prise au sérieux" et pourquoi les mesures de protection qu'elle a demandée lui ont été refusées. Avec ce dépôt de plainte, la famille de Nathalie Debaillie veut "qu'elle ne soit pas morte pour rien", et que ce drame serve d'exemple pour mieux prendre en charge les femmes victimes de violences conjugales.

Joints par franceinfo, ni la police nationale ni le ministère de l’Intérieur n'ont souhaité réagir à cette plainte. Le parquet de Lille n’a pas non plus répondu aux sollicitations.

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