Mathieu Kassovitz condamné à 1 000 euros d’amende pour un tweet injurieux envers la police

En décembre 2017, l'acteur avait utilisé l'expression "bande de bâtards" dans un tweet pour se moquer d'une opération antidrogue de la police dans un hôpital de Nantes.

L\'acteur Mathieu Kassovitz au Palais de Justice de Paris, le 23 mai 2019.
L'acteur Mathieu Kassovitz au Palais de Justice de Paris, le 23 mai 2019. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

"Bande de bâtards." Trois mots, adressés à des policiers, qui valent à Mathieu Kassovitz d'être condamné par la justice. Le tribunal correctionnel de Paris l'a en effet déclaré coupable "d'injure publique" envers des fonctionnaires dépositaires de l'autorité publique, jeudi 19 septembre. L'acteur et réalisateur, qui avait utilisé cette expression dans un tweet pour se moquer d'une opération antidrogue de la police dans un hôpital de Nantes fin 2017, devra payer 1 000 euros d'amende.

Dans le détail,le tribunal a condamné l'acteur, dans deux jugements distincts, à une amende de 500 euros et à verser un euro de dommages et intérêts à chacun des 17 agents qui avaient porté plainte contre lui. Ces derniers réclamaient davantage, 3 000 euros chacun.

Une simple "raillerie"

A l'audience, en mai, Mathieu Kassovitz avait défendu une simple "raillerie" face à la "vantardise" de la Sécurité publique. Il avait expliqué avoir réagi à une publication de la Direction départementale de la sécurité publique de Loire-Atlantique faisant état des résultats d'une opération de sécurisation et recherche de stupéfiants à l'hôpital psychiatrique Saint-Jacques, lors de laquelle 24 policiers avaient été mobilisés. Sept grammes de résine de cannabis avaient été découverts dans la chambre d'un patient. A la barre de la 17e chambre correctionnelle, Mathieu Kassovitz s'était désolé de la "susceptibilité" des policiers, qu'il n'avait pas voulu "blesser".

J'ai été éduqué beaucoup dans la rue. La 'bande de bâtards', ce n'est pas une insulte, je l'utilise aussi pour les amis.l'acteur Mathieu Kassovitz à la barre

Mathieu Kassovitz avait aussi expliqué qu'il subissait "des violences policières" depuis ses 25 ans et se battait dans ses films pour prôner un "respect" mutuel entre jeunes et forces de l'ordre.

"Nous sommes satisfaits de la condamnation"

Le tribunal n'a condamné qu'une partie de ses propos. Les termes "belle bande de bons à rien", "employés au regard de la disproportion apparente entre les moyens employés et le résultat de l'opération (...) ne dépassent pas les limites admissibles de la liberté d'expression dans une société démocratique", selon la décision consultée par l'AFP. En revanche, l'expression "bande de bâtards" est "outrageante" et "marque le mépris envers les forces de l'ordre", estime le tribunal qui ne condamne donc l'acteur que pour cette seule expression.

"Nous sommes satisfaits de la condamnation. Si M. Kassovitz a l'habitude de s'exprimer ainsi dans sa vie privée, il n'a pas à le faire en s'adressant à la police", a déclaré à l'AFP David-Olivier Reverdy, secrétaire national adjoint du syndicat Alliance, dont quelques dizaines de membres s'étaient rassemblés devant le tribunal en attendant le jugement. 

De son côté, l'avocat de l'acteur a estimé que "s'agissant de Malotru, les policiers ont manqué d'humour en le poursuivant en justice", gratifiant son client du nom de son personnage d'espion dans la série Le Bureau des légendes. L'avocat William Bourdon indique qu'il n'est "pas certain" que son client, partiellement relaxé, fasse appel.